Le FMI veut le retour des crédits à la consommation en Algérie
Le Fonds Monétaire International a demandé à l’Algérie d’accélérer l’amélioration du climat des affaires, d’éclaircir le rôle des banques publiques et de consolider son mode d’administration qui manque de transparence, soulignant la nécessité de revenir à l’exécution du processus de privatisation de certaines banques publiques pour profiter de l’efficacité des méthodes de gestion aux normes internationales.
- Le Conseil d’administration du FMI a indiqué dans le document adressé la semaine dernière au gouvernement algérien que les nouvelles mesures contenues dans la loi de finances complémentaire 2009 au sujet des investissements directs étrangers (IDE) auront des répercussions dangereuses sur le rythme des réformes financières et économiques menées par l’Algérie. Il ajoute qu’en empêchant les investissements étrangers de prendre des parts majoritaires dans les projets en Algérie, l’économie algérienne profitera moins des investissements efficaces ainsi que du transfert de technologie.
- Le Fonds estime que la suppression des crédits à la consommation (à l’exception des crédits immobiliers) peut entraver le développement du secteur financier, et il appelle ouvertement à abroger cette décision dès la mise en place de la Centrale des risques relative aux crédits individuels à la consommation.
- Le FMI note que l’Algérie a enregistré plusieurs années de forte croissance économique grâce à des dépenses publiques colossales, mais elle fait face à d’importants défis, comme la réalisation d’une croissance hors hydrocarbures. L’institution reconnait toutefois la capacité de l’Algérie à maitriser les pressions inflationnistes, l’inflation étant restée sous la barre des 6%. L’Algérie a également réussi à faire une importante épargne dans le Fonds de régulation des ressources pour financer un programme gigantesque d’investissements publics, après avoir réduit la dette extérieure à ses plus bas niveaux.
- Le recul de la demande mondiale sur les hydrocarbures a révélé la vulnérabilité de l’Algérie en raison du lien quasi exclusif de son économie avec le marché mondial du pétrole, explique le Fonds, avant d’ajouter que le recul du taux de chômage n’est qu’une apparence.
- Les experts du FMI s’attendent à un PIB hors hydrocarbures de 5,5% en 2010. La production des hydrocarbures connaitra un recul aussi en raison de l’orientation du redressement de l’économie mondiale.
- Le FMI a qualifié les réformes structurelles exécutées par l’Algérie de très timides, ce qui requiert un plus grand effort du gouvernement algérien pour développer, approfondir et accélérer les opérations de réformes. D’après le Fonds, le gouvernement doit œuvrer davantage pour développer le système bancaire et renforcer l’efficacité des dépenses publiques.