Le maire de Londres relance le débat sur une amnistie pour les illégaux
Le maire de Londres Boris Johnson a annoncé avoir commandé une étude sur l'impact d'une amnistie pour les immigrés illégaux, soulignant que des expulsions massives étaient compliquées et coûtaient cher à l'Etat, dans une interview à la chaîne Channel Four.
- “Est-ce que nous devons avoir un programme massif d’expulsions, ce qui ne fonctionne pas, est légalement très compliqué et coûte cher à l’Etat, ou est-ce que nous pouvons concevoir un système intelligent d’amnistie quand cela est mérité?”, s’est interrogé le maire conservateur dans un sujet télévisé diffusé vendredi soir.
“Ce que je veux, c’est mener un débat sur comment on peut traiter intelligemment les 400.000 personnes qui vivent ici (à Londres ndlr) et qui travaillent illégalement”, a-t-il déclaré.
Le maire a suggéré un système par lequel les immigrés illégaux pourraient demander, après cinq ans de présence, à faire preuve de leur engagement envers la société et l’économie du pays pour pouvoir être légalisés.
Il a reconnu qu’il n’avait pas lui-même les pouvoirs d’appliquer de telles mesures mais a déclaré vouloir convaincre le gouvernement travailliste et son parti, les conservateurs.
Le secrétaire d’Etat travailliste à l’Immigration Phil Woolas a écarté tout projet d’amnistie. “Je pense que c’est de la naïveté de la part du maire. Ses déclarations peuvent venir d’une bonne intention mais elles permettraient à ceux qui vivent du trafic d’êtres humains de gagner plus d’argent et
d’exploiter les plus vulnérables”, a-t-il observé samedi.
Le leader du parti Conservateur, David Cameron, a aussi montré son désaccord avec le maire, qui est souvent en porte-à-faux avec son propre parti: “Le problème des amnisties, c’est qu’elles en préparent d’autres pour le futur, parce que c’est ce à quoi les gens s’attendent”.
Sur les quelque 700.000 immigrés illégaux en Grande-Bretagne, on estime que les deux tiers, soit 400.000 se trouvent à Londres.