Le ministre de la formation professionnelle: Des classes préparatoires pour les stagiaires de moindre niveau
Le ministre de la formation et de l’enseignement professionnels, El Hadi Khaldi, révèle, dans cet entretien accordé à Echorouk, l’adhésion des ministères de l’éducation nationale et de la solidarité pour appliquer l’instruction du président de la république, ainsi que l’ouverture de classes préparatoires pour les stagiaires qui n’ont pas atteint le niveau de 4ème année moyenne.
- Monsieur le ministre, pourriez-vous nous éclairer davantage sur la directive récente du président de la république qui implique l’ouverture des centres de formation professionnelle aux victimes de la tragédie nationale qui n’ont jamais pu rejoindre les bancs de l’école ?
- Le ministre: la nouveauté est l’adhésion des ministères de l’éducation nationale et de la solidarité pour prendre en charge les victimes de la tragédie nationale. Les jeunes qui n’ont jamais pu mettre les pieds à l’école en raison des conditions sécuritaires qu’a traversé le pays pourront bénéficier du programme dit “qualification et alphabétisation” tracé par le ministère de la formation et de l’enseignement professionnels.
- A travers l’Office National de lutte contre l’analphabétisme, le ministère de l’éducation nationale s’est chargé d’inculquer à ces jeunes le b.a.-ba de l’écriture, la lecture et le calcul ainsi que de l’encadrement, alors que le ministère de la solidarité s’est engagé à fournir les moyens nécessaires à l’exécution du programme.
- Cette catégorie de futurs stagiaires constitue 3% du total des personnes qui n’ont pas été touchées par l’obligation de l’enseignement, c’est à-dire ceux qui ont moins de 16 ans.
- Parmi les facteurs qui ont fait que ces enfants soient privés d’enseignement, les conséquences de la décennie noire qui ont obligé de nombreuses familles à quitter leurs maisons pour fuir le terrorisme. Suite à la directive du président, une commission a été immédiatement installée au niveau de notre ministère pour étudier le dossier.
- Les victimes de tragédie nationale concernées ont été classées selon trois catégories. La première, celle des jeunes qui ont quitté l’école avant de terminer le cycle moyen. Ceux-ci seront placés durant six mois dans des classes préparatoires afin qu’ils arrivent à atteindre le niveau des élèves qui ont achevé le cycle moyen.
- Les deux autres catégories incluent les jeunes qui ont quitté l’école durant le cycle primaire avant la sixième année ainsi que ceux qui n’ont jamais été scolarisés.
- Est-ce que votre département a prévu les structures suffisantes pour accueillir tous les stagiaires y compris les victimes de la tragédie nationale ?
- Le ministre: Déjà, une commission mixte sera installée dans les prochaines semaines pour s’occuper de l’orientation.
- Le ministère de la formation a par ailleurs prévu 80 spécialités au profit des stagiaires de “la tragédie nationale”.
- Il faut souligner que l’importance et la consistance du programme nécessitent la contribution des trois départements ministériels, d’autant plus qu’il est question de régions particulièrement affectées par le terrorisme et où nous avons ouvert des centres de formation avec l’encadrement nécessaire.
- Le ministère de l’intérieur et des collectivités locales nous a également appuyés avec l’ouverture d’unités déléguées dans les zones rurales qui se déclinent en grands ateliers que nous avons équipés. Nous disposons aujourd’hui de plus de 300 unités déléguées.
- Nous avons d’autre part décidé d’associer les élus locaux pour promouvoir le programme de qualification et d’alphabétisation qui s’occupera exceptionnellement de la catégorie des moins de 16 ans contrairement à la loi qui interdit aux moins de 16 ans d’accéder aux centres de formation professionnelle. Nous avons élargi le programme pour qu’il touche les femmes au foyer, particulièrement dans la wilaya de Djelfa qui enregistre le taux le plus important d’analphabètes.
- Comment évaluez-vous l’expérience de votre ministère pour ce qui est de l’enseignement professionnel ?
- Le ministre: Il faut d’abord rappeler que l’enseignement professionnel offre la possibilité au stagiaire de suivre une formation de 6 années durant lesquelles il peut rejoindre le monde du travail. Ce programme a commencé en 2005 avec mille stagiaires et nous sommes à présent au stade de l’évaluation.
- L’Algérie manque de main-d’œuvre qualifiée ce qui a ouvert la voie à la main d’œuvre étrangère, notamment chinoise. Le ministère de la formation professionnelle peut-il relever le défi et couvrir le déficit ?
- Le ministre: Le manque de main-d’œuvre qualifiée en Algérie s’est posé avec le lancement de grands projets ces dernières années dont l’autoroute Est-Ouest et le million de logements. Les parties concernées ont fatalement du recourir à une main-d’œuvre étrangère pour livrer les projets dans les délais. Ces projets ont par ailleurs montré l’importance du secteur de la formation professionnelle qui peut résorber le chômage et empêcher que le pays ne polarise la main d’œuvre étrangère.
- S’agissant de la main-d’œuvre qualifiée, notamment dans le secteur du bâtiment, le secteur de la formation professionnelle a pu intéresser 56 mille stagiaires alors que leur nombre ne dépassait pas les 15 mille inscrits.
- Le département de la formation professionnelle a en outre opté pour la formation de jeunes en fonction de la demande du marché.
- Qu’en est-il du statut particulier des travailleurs du secteur ?
- Le ministre: la loi est prête, nous l’avons ficelée mercredi dernier et j’ai demandé à ce qu’elle soit programmée au conseil du gouvernement pour adoption avant la rentrée du secteur fixée au 25 octobre prochain.
- La loi prévoit de revoir le classement qui ne manquera pas d’améliorer les salaires des travailleurs en plus de l’introduction de nouvelles indemnités selon la nature du travail exercé. Le syndicat a affiché sa satisfaction quant au contenu du statut particulier qui revalorise le secteur et contribue à attirer des encadreurs.