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Le Niger ouvre son territoire à l’armée française et tourne le dos aux accords de Tamanrasset

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L’engagement français au Niger est renforcé par l’éventualité que Paris puisse porter un coup dur au GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat) qui pourrait être derrière cet enlèvement. La France est toutefois contrainte de rester prudente avant d’entamer une quelconque opération militaire après l’épisode de l’exécution de Michel Germano, un autre français enlevé en avril dans la région.

Le gouvernement nigérien a accédé à la demande de l’armée française en permettant à cette dernière  d’entrer dans l’espace aérien et terrestre nigérien pour la première fois depuis 25 ans. L’armée de l’hexagone avait justifié sa requête par l’enlèvement mercredi dernier de ressortissants français à Arlit, au nord de Niamey.

Des sources proches du dossier ont indiqué que près de cent français, experts en lutte antiterroriste, sont arrivés à Niamey, la capitale du Niger, dans un avion de reconnaissance, alors que le ministère français de la défense garde le mutisme sur le sujet. Un porte-parole du ministère a d’ailleurs déclaré qu’aucune information n’était disponible sur l’arrivée de militaires français au Niger. Mais le silence de la France a été brisé par la partie nigérienne. Un proche du Conseil militaire nigérien a déclaré: «Après ce qui s’est produit à Arlit, nous avons donné notre accord à la France pour le déploiement de ses avions et ses soldats sur notre territoire afin de retrouver et libérer les otages».

Selon des sources concordantes, les militaires français qui ont débarqué au Niger sont basés dans un hôtel à Niamey et disposent d’avions leur permettant des patrouilles. Les mêmes sources précisent que les forces françaises ont patrouillé la zone durant 21 heures jusqu’à présent, pour tenter de localiser l’endroit où se trouvent les otages.

L’engagement français au Niger est renforcé par l’éventualité que Paris puisse porter un coup dur au GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat) qui pourrait être derrière cet enlèvement. La France est toutefois contrainte de rester prudente avant d’entamer une quelconque opération militaire après l’épisode de l’exécution de Michel Germano, un autre français enlevé en avril dans la région.

Par ailleurs, l’intervention française au Niger est en violation avec le contenu de la déclaration d’Alger qui a sanctionné la réunion en mars des ministres des affaires étrangères des pays du Sahel. Le document insistait sur la nécessité de préserver la région d’éventuelles interventions étrangères, tout en affirmant la responsabilité du pays concerné dans la lutte antiterroriste sur son territoire, en recourant si besoin est, à l’aide des pays de la région.

La nouveauté dans cette affaire, c’est le fait que les pays occidents, la France et les États-Unis à leur tête, insistent de plus en plus, en inventant des arguments, pour intervenir dans le Sahel, profitant de la faiblesse des états de la région et l’absence de leur autorité sur leurs propres territoires. Ceci a pu être constaté à maintes reprises. A chaque fois que l’Algérie réunit les pays de la région autour d’un projet pour empêcher l’ingérence étrangère, les pays occidentaux s’empressent de briser ce rapprochement, comme cela s’est produit en avril: au moment où Alger réunissait les chefs des états-majors des pays du Sahel après que le Mali ait libéré quatre éléments du GSPC contre la libération de l’otage français Pierre Camatte, les États-Unis initiaient à Ouagadougou une réunion parallèle à laquelle ont assisté les ministres de la région, sur le thème de la coopération en matière de lutte antiterroriste dans les pays du Sahel et le Sahara.

Pendant ce temps, dans Hexagone, le ministère de l’intérieur est dans l’expectative. Il a indiqué que la menace terroriste a augmenté en France depuis jeudi  et elle pourrait viser les moyens de transport. Les renseignements français craignent un attentat suicide, au regard des développements en France avec notamment l’approbation récente de la loi sur l’interdiction du voile intégral dans les lieux publics, mais également la participation des forces françaises dans les opérations menées en Afghanistan.

 

 

 

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