Le Nouveau P-DG de Djezzy à Echorouk: L’opérateur n’est pas à vendre !
Dans cet entretien avec le président directeur général d’Orascom Télécom Algérie, Tamer Mahdi lève le voile sur sa nouvelle stratégie, ses priorités et sa méthode de gestion de la société après sept ans de présence sur le marché algérien. Tamer Mahdi dément toutes les rumeurs faisant état de l’arrêt des investissements par Djezzy et sa vente à un opérateur étranger. Il rassure les 14 millions d’abonnés en disant “Djezzy n’est pas à vendre !”
- Commençons par les dernières informations qui ont circulé au sujet de négociations avec un opérateur français désireux d’acquérir Djezzy. Est-ce que vous confirmez ?
Cette information n’est pas fondée et il s’agit simplement de rumeurs. Je pense que cet opérateur a exprimé son intention de ne pas investir en Algérie, et de notre côté nous affirmons que Djezzy n’est pas à vendre et que nous continuons à investir en force en Algérie par améliorer le réseau et les prestations
Ces rumeurs auraient-elles un lien avec la tempête que traverse la société-mère en raison de la chute de ses ?actions à la bourse mondiale. A quel point cette crise a-t-elle affecté Djezzy
Les actions boursières sont sans cesse en train de fluctuer selon l’état du marché financier et la capacité d’investissement. Il est vrai que nous avons enregistré des perturbations concernant les actions de la société-mère, mais elles n’ont eu aucune incidence sur la valeur de la société puisque celle-ci est estimée suivant de nombreuses méthodes et différentes normes, dont la bourse et le revenu
La presse a également rapporté que l’autorité de régulation vous a dernièrement convoqué pour avoir des explications à propos du non respect de votre société des instructions relatives à l’identification des puces anonymes. ?Est-ce vrai
J’ai entendu la nouvelle et j’étais étonné. Non, ce n’est pas vrai. J’étais chez l’autorité de régulation mercredi dernier pour présenter un rapport hebdomadaire sur l’opération d’identification des puces anonymes. Ceci ne s’applique pas seulement à moi et à ma société mais tous les opérateurs sont tenus de présenter un rapport périodique à l’ARPT faisant le point sur la campagne d’identification des cartes SIM. Djezzy n’a commis aucun dépassement dans ce cadre. Nous avons fourni beaucoup d’efforts d’autant plus que nous croyons en ce projet qui est dans l’intérêt de l’état
?Où en êtes-vous justement avec cette opération
Je ne peux pour l’instant vous fournir des chiffres mais nous avons identifié un grand nombre de cartes Sim anonymes et les longues files quotidiennes devant nos centres le démontrent
Je peux cependant affirmer que notre société est la seule à avoir opté pour une série d’offres promotionnelles qui servent la campagne d’identification; des offres qui profitent seulement aux détenteurs de puces identifiées et d’autres qui incitent les abonnés à identifier leurs cartes Sim anonymes
La troisième génération est à l’ordre du jour ces derniers temps. Pensez-vous que les algériens en ont actuellement besoin?
Laissez-moi vous parler de l’expérience égyptienne en la matière. Là-bas, la téléphonie de troisième génération n’a pas démontré son utilité même si elle est autorisée depuis deux ans. Une catégorie restreinte seulement utilise ses techniques. Dans le monde entier, elle n’a pas non plus fait ses preuves et c’est depuis un an uniquement qu’on commence à s’y intéresser
S’agissant de l’Algérie, cela dépendra du nombre de ses utilisateurs et des utilisateurs d’internet qui peuvent contribuer à la réussite de la téléphonie de troisième génération. Le taux de pénétration d’internet s’est amélioré en Algérie, maintenant il est question de choisir le moment pour introduire cette technologie
Les algériens se sont habitués aux campagnes de solidarité de Djezzy, mais elles n’ont pas été au rendez-vous ce ramadhan, pour quelle raison ?
Nous poursuivons nos campagnes mais nous commençons à réfléchir à des projets caritatifs à un niveau plus large et durable et qui ne se limitent pas au mois sacré
?Quel regard porte le président directeur général sur la société après 7 ans de présence sur le marché algérien
Djezzy est l’une des meilleures sociétés et des plus grandes de la région dans le domaine de la téléphonie mobile. Elle emploie des ingénieurs et des cadres algériens dont la compétence n’a rien à envier à celle de nos autres employés d’Europe ou d’Asie
Pour ma stratégie dans la gestion d’Orascom Télécom Algérie, je fixe une politique globale et des objectifs généraux pour l’administration de la société. Sur cette base, des ateliers de travail seront organisés au niveau des différentes administrations pour faire émerger des idées et des projets sur la manière de concrétiser nos objectifs. Je pense qu’il y a un rapport étroit entre la stratégie du point de vue théorique et l’application pratique. Je pense aussi que l’important, ce n’est pas autant ce qui est dépensé mais le revenu
Nous avons des projets pour développer la société, le réseau et les prestations ainsi que la formation des cadres algériens aux nouvelles technologies afin d’offrir un meilleur produit au consommateur. Nous comptons aussi avoir un rôle actif dans la solidarité avec la société tout en respectant les règles de l’Autorité de régulation
Nos priorités sont de conserver nos 14 millions d’abonnés en améliorant la prestation et d’en accueillir d’autres
?Sachant que les chiffres font état de 28 millions d’abonnés à la téléphonie mobile, pensez-vous que l’Algérie peut encore supporter de nouveaux abonnés
Il est clair que le marché n’est pas vierge et qu’il est à une étape proche de la saturation. L’Algérie est développée dans le domaine vu le nombre des abonnés sur le total de la population comparé aux autres pays arabes