Le pouvoir lutte seul contre les dérives de la France
L’absence de réactions notables de certains partis politiques et autres associations de la société civile devant la campagne de dénigrement d’une certaine France nostalgique et revancharde menée contre l’Algérie et ses institutions pose un certains nombre de questionnements.
A l’exception de la déclaration conjointe de l’UGTA et du FCE et la dernière «sortie» d’Ahmed Ouyahia du RND, il n’y a pas grand monde qui se bouscule au portillon. Le silence était de mise chez la famille révolutionnaire.
La mise au point est venue du quotidien El Moudjahid, dans un éditorial cinglant, à un moment où les relations algéro-françaises connaissent des «perturbations» où il remet les autorités françaises à leur place :
De la grossière manipulation du quotidien Le Monde et son exploitation propagandiste de «Panama papers» jusqu’à l’invitation, sur les plateaux de France 24, la chaîne du ministère français des Affaires étrangères, de Ferhat M’henni, en passant par la photo du président de la République publiée sur le compte Twitter du Premier ministre français, il y a là un faisceaux de faits sur une courte durée qui ne peut être le résultat du hasard.
Si la dérive du Monde a été mise sur le bon dos de la «liberté de la presse», les deux autres, circonscrites dans des institutions officielles de la République française, constituent, et il n’y a pas d’autres mots pour les qualifier, d’ingérences directes dans nos affaires intérieures.
A une année de la présidentielle française, on se demande ce qui a bien changé pour que le pouvoir socialiste change son fusil d’épaule. Car, avec cette agression caractérisée, on est bien loin des déclarations de bonne intention sur le fameux partenariat d’exception que les Présidents des deux pays, Bouteflika et Hollande, voulaient bâtir en regardant résolument vers l’avenir.
Avec cette attitude pour le moins belliqueuse, que veut exactement le pouvoir socialiste qui se croit obligé à recourir à tels moyens, se situant à des années lumières de son discours apaisant sur sa relation avec notre pays ?
A chaque pas en avant réalisé avec la France correspond cent pas en arrière. Notre relation avec la France est-elle condamnée à ne jamais connaître la sérénité et l’équilibre des intérêts ? Ce qui est sûr, c’est que ces initiatives traduisent une panique chez certains milieux socialistes qui s’alignent ainsi, en vue de la présidentielle de l’année prochaine, sur des positions extrémistes et dommageables aux bonnes relations algéro-françaises.