Le recours en justice de l'opposition retardé au Zimbabwe
Un tribunal du Zimbabwe a repoussé samedi de vingt-quatre heures un recours de l'opposition visant à obtenir la publication des résultats de l'élection présidentielle, la commission électorale ayant réclamé un délai supplémentaire pour préparer sa réponse.
Un peu plus tôt, des policiers armés avaient brièvement empêché des avocats du Mouvement pour le changement démocratique (MCD, opposition) d’entrer à l’intérieur du tribunal de Harare, mais ils ont pu y pénétrer ensuite. Le retard affectant la divulgation des résultats du scrutin présidentiel du 29 mars fait soupçonner un trucage destiné à faire réélire le président Robert Mugabe. Ce dernier, qui est âgé de 84 ans et gouverne depuis 1980, briguait un sixième mandat. Le MDC, qui estime que son candidat Morgan Tsvangirai a remporté la présidentielle, a affirmé samedi qu’un second tour de scrutin reviendrait à tenter d’annuler le résultat du premier. Il a réclamé une intervention de l’Onu et de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC).
Tsvangirai a en outre accusé Mugabe de faire déployer des vétérans de la guerre d’indépendance, des miliciens et de jeunes recrues en prévision d’un second tour de scrutin. Il a ajouté que le MDC s’employait d’ores et déjà à former un gouvernement et a exhorté le chef de l’Etat sortant à des pourparlers. Dans le cadre des élections législatives, la Zanu-PF au pouvoir a perdu le contrôle de la chambre basse pour la première fois depuis que Mugabe tient les rênes du pays, aujourd’hui en plein effondrement économique. Andrew Makoni, avocat du MDC, a dit que l’examen de son recours en appel aurait lieu dimanche à midi (10h00 GMT) pour que la commission électorale prépare son argumentation. Selon des projections de la Zanu-PF et d’observateurs indépendants, Tsvangirai arriverait en tête de la présidentielle mais sans recueillir la majorité absolue nécessaire pour éviter un second tour.