Le rédacteur en chef d’Echorouk, Mohamed Yacoubi, à Médi 1 Sat : « Les rançons attisent les appétits des organisations terroristes »
Invité par la chaîne de télévision marocaine, Médi 1 Sat, et son programme hebdomadaire « le Maghreb arabe en une semaine », le rédacteur en chef d’Echorouk, Mohamed Yacoubi, a longuement disserté sur le Sahel, le terrorisme qui y sévit, la mort des 11 gendarmes du poste frontalier de Tin-Zawatine, il y a une semaine, et le jeu suspect des puissances occidentales dans la bande sahélienne.
- En réponse à une question posé par l’animateur de l’émission, qui se demandait si l’attaque de Tin-Zawatine n’était pas une sorte de réponse des terroristes au message du chef d’état-major, Ahmed Gaid Salah, qui promettait d’extirper les groupes armés par leurs racines, Mohamed Yacoubi a affirmait que les poches résiduels de ce terrorisme étaient loin de constituer un péril pour l’Algérie. « L’Armée algérienne s’est toujours posé résolument sur la route des terroristes, contrecarrant leurs desseins et déjouant leurs plans. Je ne pense pas que cette attaque constitue une réponse, mais je sais que cela ne perturbe pas la sérénité de l’armée de venir à bout de ce terrorisme qui s’apparente à des groupes mafieux organisés en réseaux de criminels, qui n’ont aucune attache avec Al-Qaida, mais qui agissent comme des bandes de criminels dans un vaste désert à cheval sur plusieurs pays, donc difficilement contrôlable », précise Yacoubi.
- Poussant l’analyse plus loin, Yacoubi dénonce le jeu suspect, pour ne pas dire carrément odieux, des puissances occidentales, qui d’une coté affirment être en lutte contre le terrorisme, et d’un autre coté, remettent des sommes colossales d’argent, sous forme de rançons, aux preneurs d’otages, leurs permettant de ce fait, de se renforcer, de se munir d’équipements de guerre et d’armement semi-lourd ».
- Qualifiant ce genre de rançon de « peste », Yacoubi fustige les pays occidentaux : « C’est quoi ces deux poids, deux mesure, se permettent de faire ce qu’ils interdisant aux autres, et permettant au terrorisme de devenir plus fort et mieux équipé ? C’est la démarche de la France, on l’a vu, avec un Sarkozy qui poussait vers cette négociation avec les preneurs d’otages, et d’autres pays encore. Cet argent va être recyclé dans l’achat d’armes, lesquels vont renforcer les dispositions criminelles du terrorisme et rendre le Sahel encore plus périlleux qu’il ne l’est réellement. En 2003, les terroristes au Sahel se cachaient, quémandaient pour subsister, étaient une poignée, mais aujourd’hui avec l’argent « gagné » les voilà équipés de véhicules tout-terrain, d’armes semi-lourdes et perforant la bande du Sahel au gré des objectifs et des attaques. La rançon ouvre l’appétit des groupes armés, et en même temps, elle concourre à la création de réseaux criminels » affirme-t-il.
- Concernant la position délicate du Mali, il dit : « La Mali s’est fourvoyé et s’est délibérément mis dans de sales draps. Au lieu de s’en tenir à ses engagements avec l’Algérie, il a préféré engager des négociations inutiles avec les preneurs d’otages. Aujourd’hui, il s’en mord les doigts… »