Le sud de la Turquie craint d'être pris dans le chaos syrien
Quatre jours après le double attentat à la voiture piégée qui a dévasté leur ville samedi 11 mai, les habitants de Reyhanli, située dans le sud de la Turquie, à la frontière avec la Syrie, continuent d’enterrer leurs morts.
La découverte, lundi, de trois corps enfouis sous les décombres a conduit à la tenue de nouvelles funérailles le lendemain, portant le bilan des explosions à 51 tués. Mais, peu à peu, à mesure que les tentes de condoléances disparaissent de la ville, le deuil et l’abattement cèdent place à la colère.
Dans cette bourgade exclusivement sunnite, qui n’a rien d’un bastion de résistance à l’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir, les habitants demandent désormais des comptes au premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, jugé coupable d’avoir entraîné leur pays dans la guerre civile syrienne, en adoptant un ton très offensif à l’égard de Bachar Al-Assad et en permettant à ses opposants d’aménager des quasi-bases arrière en Turquie.
La version officielle, qui attribue le carnage à des extrémistes turcs alaouites à la solde de Damas, a du mal à passer, de même que les déclarations répétées du chef du gouvernement exemptant les réfugiés et les combattants syriens, accueillis par milliers à Reyhanli, de toute responsabilité.