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L'économie du Soudan en difficulté, Béchir se tourne vers les Occidentaux

الشروق أونلاين
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Le président Omar el-Béchir a affirmé lundi que l'économie du Soudan avait été déstabilisée par l'indépendance du Soudan du Sud et par la crise mondiale, précisant que son gouvernement allait chercher à obtenir l'aide des Occidentaux pour redresser la situation.

La crise économique mondiale et la sécession du Soudan du Sud, qui a provoqué une baisse de nos revenus pétroliers, ont un impact négatif sur l’économie soudanaise que nous ne pouvons pas ignorer, a déclaré M. Béchir devant le Parlement. Pour minimiser cet impact négatif, nous allons faire de l’agriculture et des produits alimentaires la base de notre développement économique et nous allons restructurer le gouvernement, a-t-il dit. Parallèlement, dans les jours à venir, nous allons continuer nos efforts pour communiquer avec les pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Norvège à propos de la conférence économique qui doit avoir lieu en Turquie (…) pour aider le Soudan à compenser la perte de ses revenus pétroliers, a ajouté le président soudanais. La Norvège aide Khartoum à préparer cette conférence, qui se tiendra les 1er et 2 décembre à Istanbul et qui vise à attirer des investissements étrangers au Soudan et à développer la coopération internationale. Selon des diplomates occidentaux, les défis économiques sont énormes pour le Soudan, dont l’économie doit se rétracter cette année et la suivante, selon le Fonds monétaire international (FMI). L’ambassadeur de la Norvège au Soudan, Jens-Petter Kjemprud, a annoncé que que plus de 60 pays étaient invités à ce forum ainsi que les Nations unies, les institutions de Bretton Woods — la Banque mondiale et le FMI –, des fonds arabes et des chefs d’entreprises. Outre l’agriculture, le gouvernement soudanais souhaite attirer des investissements étrangers directs dans les mines, les infrastructures, la production d’énergie, la pêche et de meilleures techniques d’extraction pétrolière, a expliqué M. Kjemprud à l’AFP. Le Soudan du Sud, indépendant depuis le 9 juillet, produit les trois quarts de la production du Soudan estimée à 470.000 barils par jour. La partition a fait perdre à Khartoum, qui dispose cependant des infrastructures de raffinage et d’exportation, environ 60% de ses revenus pétroliers. Le gouvernement a introduit une série de mesures d’austérité pour faire face à la perte de ces revenus et a réclamé une aide internationale pour que le poids de sa dette, estimée à 38 milliards d’euros, soit allégé. Depuis la sécession, le Soudan a vu l’inflation augmenter et a subi une importante dévaluation de sa monnaie, la livre soudanaise. Les investissements étrangers au Soudan sont aujourd’hui limités par les sanctions des Etats-Unis, qui ont placé Khartoum sur leur liste des pays soutenant le terrorisme, alors que M. Béchir est lui-même sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour génocide.

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