L’Égypte s'apprête à célébrer la “journée de la révolution” dans la division
L’Égypte s'apprête à commémorer le début il y a un an de la révolte contre Hosni Moubarak, dans un climat d'incertitudes et de tensions entre un pouvoir militaire critiqué, un mouvement contestataire à la recherche d'un nouveau souffle et des islamistes triomphants.
La date symbolique du 25 janvier, autrefois “jour de la police”, est devenue “journée de la révolution” et a été décrétée jour férié, en souvenir des manifestations qui ont mené à la chute du raïs le 11 février.
Le conseil militaire qui tient depuis les rênes du pouvoir veut marquer l’événement mercredi avec force parades, feux d’artifice et discours officiels, dans l’espoir de retrouver l’esprit, aujourd’hui terni, d’union entre la population et les forces armées qui avait marqué le début de la transition.
L’armée a également annoncé samedi soir la grâce du blogueur Maïkel Nabil, condamné à deux ans de prison par un tribunal militaire pour avoir critiqué l’armée.
Ces mouvements très actifs sur internet appellent à des rassemblements dès lundi, jour de l’investiture de l’Assemblée, pour demander aux nouveaux députés, en grande majorité islamistes, de poursuivre l’idéal démocratique de la révolte.
D’autres manifestations sont prévues mercredi pour réclamer le départ des généraux au pouvoir –accusés de perpétuer l’ancien système autoritaire– sans attendre l’élection présidentielle prévue d’ici la fin juin.
“Nous ne descendons pas dans la rue pour fêter la révolution comme certains le voudraient, mais pour poursuivre les objectifs de la révolution” affirme un des principaux groupes contestataires, le “Mouvement du 6 avril”.
Cet anniversaire survient dans la foulée d’élections législatives qui ont donné plus des deux tiers des sièges aux candidats islamistes. Les Frères musulmans à eux seuls représentent 47% des élus.
Ces derniers, par la voix de leur guide Mohamed Badie, se sont dissociés des appels à manifester contre l’armée dont le “prestige ne doit pas être atteint”, et ont rejeté l’idée de lancer une “deuxième révolution”.
La confrérie a toutefois aussi jeté une pierre dans le jardin des militaires, en affirmant que le budget de l’armée, jusqu’à présent secret, devait désormais être soumis au contrôle parlementaire, et qu’il n’était pas question que les militaires bénéficient de dérogations au droit commun.
La grave détérioration de la situation économique -chute du tourisme et des investissements, fonte des réserves en devises, déficit budgétaire en hausse etc.- pèse également sur la situation.