Les Archives: un cadeau empoisonné de Macron aux Algériens!
La décision du président français Emmanuel Macron portant déclassification des archives relatives à la Guerre de libération nationale suscite de multiples questionnements. S’agit-il en fait d’un geste par lequel le locataire de l’Elysée tente d’apaiser les relations entre les deux pays? Ou bien n’est-il pas un leurre politique ou un cadeau empoisonné à l’endroit des Algériens?
Cette décision de levée du secret défense concernerait les documents allant de (1920 à 1970), une période où sont nés la plupart de ceux qui ont participé au Mouvement national et ont déclenché la Révolution algérienne. Toutefois, les documents qui datent d’avant 1920 ne seraient pas concernés.
Appréhension côté algérien
Cette démarche du président français n’a pas manqué de donner lieu à une appréhension côté algérien car il ne s’agit pas de restituer les archives à l’Algérie mais plutôt d’y faciliter l’accès aux universitaires et aux chercheurs comme le préconise le rapport de Benjamin Stora.
De plus, il s’agirait d’une décision politique ayant pour finalité de barrer la route à l’extrême droite à l’occasion des présidentielles de 2022 et d’obtenir le soutien de l’Algérie quant aux questions internationales.
Le plus dangereux réside dans le fait que la question passe désormais de la criminalisation du colonialisme à une condamnation entre Algériens en raison de ces archives empoisonnées.
«Cette décision sera de nature à écourter sensiblement les délais d’attente liés à la procédure de déclassification, s’agissant notamment des documents relatifs à la guerre d’Algérie [1954-1962]», a indiqué l’Elysée dans un communiqué.
«Le gouvernement a engagé un travail législatif d’ajustement du point de cohérence entre le code du patrimoine et le code pénal» afin de «renforcer la communicabilité des pièces, sans compromettre la sécurité et la défense nationales», a précisé le Présidence française. Avec, comme objectif, de parvenir à un nouveau dispositif «avant l’été 2021».
Dossiers sensibles
En dépit de cette démarche entreprise par Macron, d’autres dossiers aussi sensibles demeureraient couverts de secret, à l’instar des essais nucléaires effectués par l’armée coloniale au sud algérien (1960-1966), dont l’Algérie réclame toujours la reconnaissance de ces crimes contre les civils.
En effet, il y a lieu de se demander si le président français aurait une intention de restituer à l’Algérie la totalité de ses archives (1830-1962).
Le conseiller auprès du président de la République chargé de la mémoire, Abdelmadjid Chikhi a accusé la France, il y a deux mois, d’avancer de faux prétextes pour ne pas restituer la totalité des archives algériennes.
«L’Algérie réclame la totalité de ses archives, dont une grande partie se trouve en France, qui a toujours avancé de faux prétextes, comme la déclassification de nombre d’archives pourtant réunies depuis plusieurs décennies », a indiqué Abdelmadjid Chikhi.
«Les demandes de la partie algérienne sont claires et ne nécessitent pas de concertations», a-t-il estimé, ajoutant que «la question est immuable car le passé ne saurait être effacé ou oublié».
Celui qui est chargé par le président Tebboune afin de travailler de concert avec Benjamin Stora au sujet de la réconciliation des mémoires a en outre critiqué la loi sur les archives publiques adoptée en France en 2006, stipulant qu’elles sont «inaliénables et imprescriptibles», en estimant que ce dossier «objet de négociations, n’est pas encore clos».