Les harkis, une carte à jouer lors de la présidentielle française
Le président français, François Hollande a reconnu dimanche à Paris « les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis».
« Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans (…) les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France», a déclaré le président français lors de son allocution prononcée à l’occasion de la journée nationale française d’hommage aux harkis qui coïncide avec le 25 septembre de chaque année.
Outre le locataire de l’Elysée, plusieurs personnalités politiques ont assisté à la cérémonie, dont l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, la présidente du FN, Marine Le Pen et l’ancien président de l’UMP (LR actuellement) Jean-François Copé.
Ainsi le débat autour de la « souffrance » des harkis est relancé en Hexagone. En effet, après l’institution d’une journée nationale d’hommage aux harkis en 2003, c’est au tour de François Hollande, dont la cote de popularité demeure négative, de reconnaître la responsabilité de la France dans l’abandon des harkis restés en Algérie au lendemain de l’Indépendance.
Selon des historiens, 55.000 à 75.000 harkis ont été abandonnés en Algérie après les accords d’Evian (18 mars 1962), dont 60.000 ont été admis en Hexagone et leur communauté est estimée aujourd’hui à 500.000 personnes.
François Hollande aurait ainsi tenu sa promesse faite en 2012, alors candidat à la présidentielle française, de reconnaître la responsabilité de son pays dans l’abandon des harkis s’il était élu président de la France.
Il y a quelques jours, Nicolas Sarkozy a fait polémique après ses déclarations autour de l’identité en affirmant qu’« à partir du moment où l’on devient Français, on vit comme un Français et nos ancêtres sont les Gaulois. Et mes ancêtres sont les ancêtres de la France, c’est ça l’assimilation».
Ces déclarations font réagir la gauche française, dont le premier ministre français, Manuel Valls qui répond que: « Si nous sommes français, ce n’est pas à travers nos origines, nos religions ou notre couleur de peau».
Il y a lieu de souligner que les harkis et leurs descendants ,estimés à 3 millions, représentent 7% de l’électorat français, sachant qu’ils avaient majoritairement voté en mai 2012 pour Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.