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Les médias égyptiens lancés dans la “guerre contre les Frères musulmans”

الشروق أونلاين
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Alors que l’Égypte n’a jamais été aussi polarisée, les médias égyptiens présentent les partisans du président déchu Mohamed Morsi comme des terroristes en puissance, n’ayant aucune légitimité politique.

es balles de l’armée ricochent sur l’immense minaret de la mosquée d’Al-Fath au Caire. Malgré la pixellisation de l’image zoomée, les Égyptiens devant leur poste de télévision ce samedi 17 août peuvent voir clairement l’étendue du chaos autour de la grande mosquée de la place Ramsès, alors occupée par des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi.Les soldats vident leurs chargeurs en direction du minaret où l’on devine un tireur islamiste retranché. À ce moment-là, apparaît sur les écrans de la chaîne privée de télévision Al-Nahar le bandeau “Egypt fights terrorism” (“L’Égypte combat le terrorisme”).”Pourquoi ils les laissent sortir ! Ces Frères musulmans vont aller foutre le bordel et casser des magasins un peu plus loin !” s’exclame devant sa télé le gérant d’un restaurant. La chaîne repasse des images prises un peu plus tôt, où des pro-Morsi, visiblement sonnés, sont escortés hors de la mosquée par des policiers qui les protègent d’une foule en colère.Au lendemain du “vendredi de la colère” des Frères musulmans, la version des évènements retranscrite par les journaux égyptiens se limite à dénoncer le “terrorisme” des partisans du président déchu. “La plupart des journalistes égyptiens ont le sentiment qu’ils doivent prendre part à la bataille en cours”, confie à FRANCE 24 Ehab el-Zelaky, directeur des médias numériques du quotidien “Al-Masry al-Youm”. “Normalement, les médias essayent d’observer et de rendre compte de ce qui se passe des deux côtés. Mais vu la situation actuelle, de nombreux journalistes préfèrent faire ce qu’ils considèrent comme leur devoir : soutenir l’État dans sa guerre contre les Frères musulmans”, note le responsable éditorial égyptien.

 

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