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Les shebab veulent “casser le cou” des troupes éthiopiennes

الشروق أونلاين
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Les rebelles somaliens shebab ont averti dimanche qu'ils allaient “casser le cou” des troupes éthiopiennes au lendemain de l'annonce par des témoins de l'entrée en Somalie de centaines de soldats éthiopiens.

“Des soldats de notre ennemi, les colonialistes noirs d’Ethiopie, ont fait mouvement dans notre région samedi mais ils ne nous font pas peur” a dit à la radio Sheikh Yusuf Ali Ugas, l’un des chefs des insurgés dans la région d’Hiran (centre de la Somalie).

“Nous allons casser le cou des envahisseurs … nos troupes sont prêtes à tout, si l’ennemi éthiopien tente de nous attaquer”, a dit Ugas parlant sur la radio Al Andalus.

Les troupes éthiopiennes avec des camions et des véhicules blindés sont entrés dans le centre et le sud de la Somalie, selon des responsables locaux, Les autorités éthiopiennes ont démenti tout mouvement.

Aucun combat n’a jusqu’à présent été signalé et les shebab lié à Al Qaida affirment que leurs positions sont stables. “Nous allons les vaincre et les combattre de toutes façons” a dit Ugas. “L’attaque éthiopienne est destinée à s’opposer à l’application de la sharia en Somalie par les ennemis de notre nation musulmane” a-t-il ajouté.

Samedi, le porte-parole du ministre éthiopien des Affaires étrangères Dina Mufti avait affirmé que l’information sur l’entrée de ces troupes était “absolument fausse”.

De petits mouvements de troupes avaient été relevés récemment dans les régions frontalières, mais les témoins affirment aujourd’hui qu’ils sont beaucoup plus importants.

Des convois seraient notamment entrés après avoir franchi la frontière kenyanne qui jouxte Ethiopie et Somalie. “J’ai vu au moins 20 camions bourrés de soldats éthiopiens entrant en Somalie” a dit Idriss Kasim, qui habite le village frontalier de Bulahawa. Un autre convoi de 15 camions serait passé à proximité.

Si cette incursion est confirmée, ce serait la plus importante depuis l’intervention des troupes éthiopiennes soutenues par les forces américaines en 2006, pour déloger les tribunaux islamiques. L’armée éthiopienne les avait rapidement mis en déroute mais elle n’avait pas réussi à pacifier le centre et le sud du pays. Elle avait fini par se retirer début 2009 permettant l’émergence des shebab.

La Somalie est sans gouvernement effectif et ravagée par des conflits incessants depuis 1991. Le pays est aussi frappé par une grave crise alimentaire, conséquence de ces violences et de la terrible sécheresse qui a récemment touché la Corne de l’Afrique.

Une force commanditée par l’Union africaine (UA), l’Amisom, est à Mogadiscio composée de 9.700 hommes, des burundais et des ougandais. Les appels à un renforcement de son contingent se multiplient. Djibouti et la Sierra Leone ont déjà promis des hommes en renfort.

Selon le porte-parole éthiopien, aucune décision n’a été prise sur éventuel renforcement éthiopien de ces troupes. “Il y a un projet de la part des membres de l’Igad (Ouganda, Ethiopie, Djibouti, Kenya, Soudan et Somalie) de renforcer ces troupes de maintien de la paix (…) à propos des éthiopiens rien n’a été décidé” a-t-il dit

Les forces kenyanes sont déjà présentes dans le sud somalien. Nairobi y a lancé le 14 octobre une offensive militaire pour déloger les shebab, qu’elle rend responsables d’une série d’enlèvements et d’attaques terroristes sur son territoire.

 

 

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