Les zimbabwéens otages de la politique
La situation humanitaire est désastreuse, a indiqué mardi le chef de l’opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai. La population est affamée, conséquence du blocage politique et de la guerre pour le pouvoir qui perdurent depuis des mois.
- La population zimbabwéenne se retrouve désemparée du fait de la persistance du blocage politique depuis bientôt huit mois. L’absence de gouvernement dans ce pays empêche l’élaboration et l’exécution de programmes, notamment agricoles, qui puissent sauver les zimbabwéens de la famine. L’aide humanitaire s’épuise et il pourrait y avoir d’ici janvier cinq millions et demi de personnes à nourrir, a déclaré mardi Morgan Tsvangirai, le dirigeant du Mouvement pour le Changement démocratique d’opposition, en visite à Paris.
- Tsvangirai veut ainsi attirer l’attention de l’Europe sur le désastre humanitaire qui menace son pays otage du conflit postélectoral, d’où il appelle les européens à exercer une pression pour la conclusion d’un accord politique au Zimbabwe.
- Les négociations pour la formation d’un gouvernement d’Union se trouvent pour rappel dans l’impasse. Le parti au pouvoir du président Mugabe veut s’adjuger tous les portefeuilles-clés tandis que l’opposition refuse de se laisser faire. La médiation sud-africaine et les efforts de la SADC sont restés vains.
- Le chef de l’opposition ne perd cependant pas espoir. Il souligne l’importance de poursuivre les négociations “afin de parvenir à un compromis reflétant le verdict des urnes, c’est-à-dire la volonté de changement clairement exprimée par le peuple zimbabwéen lors du scrutin du 29 mars”.