Liban: au moins 27 morts dans une double explosion à Tripoli
Deux voitures piégées ont explosé à quelques minutes d’intervalle à Tripoli, la principale ville du nord du Liban, vendredi 23 août, faisant au moins vingt-sept morts et 352 blessés, selon le ministre de la santé.
La première explosion s’est produite dans le centre de la ville, près de la maison du premier ministre sortant, Najib Mikati, qui ne s’y trouvait pas, selon son bureau. Le deuxième véhicule a explosé près du port de cette grande ville à majorité sunnite. Les deux déflagrations se sont produites à proximité de mosquées sunnites, après la prière du vendredi, et ce à deux minutes d’intervalle, rapporte la correspondante du quotidien libanais L’Orient-Le Jour.
Le spectre du conflit syrien
La deuxième ville du Liban, où vivent deux cent mille personnes, est régulièrement le théâtre d’affrontements entre sunnites, qui soutiennent en majorité la rébellion syrienne, et alaouites, plutôt favorables au régime de Bachar Al-Assad. Les attentats de ce vendredi surviennent une semaine après une attaque à la voiture piégée qui a fait vingt-sept mort à Roueiss, dans la banlieue chiite de Beyrouth, un fief du Hezbollah, puissant mouvement chiite libanais combattant aux côtés de Damas.Le chef de l’armée libanaise, le général Jean Kahwaji, a affirmé mercredi que ses troupes étaient engagées dans une “guerre totale” contre le terrorisme qui tente, selon lui, de “provoquer une dissension confessionnelle” dans le pays. “L’armée [libanaise] poursuit depuis des mois une cellule terroriste qui prépare des voitures piégées et les envoie dans des quartiers résidentiels, avait dit M. Kahwaji. Celle qui explosé à Roueiss était l’une d’elles.” D’après lui, “cette cellule ne vise pas une région ou une communauté particulières, mais elle cherche à provoquer une dissension confessionnelle en visant des régions différentes tant du point de vue confessionnel que politique”.