Libye: combats à Misrata malgré l'annonce d'une pause par le régime
Les combats ont repris dimanche à Misrata malgré l'annonce par le régime d'une pause dans ses opérations contre les rebelles dans cette ville assiégée de l'ouest de la Libye, où la situation humanitaire inquiète la communauté internationale.
Selon le colonel Bani, le régime veut faire croire au monde que le conflit est « une guerre civile entre les tribus libyennes, mais ce n’est pas vrai. Pensez-vous vraiment que je vais combattre ma propre famille ? ». Dans la nuit, les rebelles ont annoncé avoir fait reculer les pro-Kadhafi à Misrata. Ils ont repris le contrôle d’une importante portion de la rue de Tripoli et de l’immeuble Tameen, d’où des tireurs embusqués sévissaient depuis des jours. « Les hommes de Kadhafi reculent », a assuré le Dr Hakim Zaggut en revenant du front. Selon plusieurs rebelles, les pro-Kadhafi présents dans la ville étaient désormais encerclés dans l’ancien hôpital public. Parallèlement, deux soldats loyalistes blessés et capturés dimanche matin, ont assuré que le moral des troupes pro-Kadhafi était « au plus bas ».
Les deux hommes, un Libyen et un mercenaire mauritanien, qui s’exprimaient en présence d’un seul médecin, ont raconté que les lignes d’approvisionnement étaient coupées et que les officiers avaient abandonné leurs troupes. « Les forces de Kadhafi sont en train de perdre Misrata », a assuré l’un d’eux, Misbah Mansouri, étudiant de 25 ans touché aux jambes, expliquant avoir été enrôlé de force dans l’armée il y a un mois et demi. Pour la première fois depuis le début de l’intervention militaire internationale le 19 mars, un drone américain a frappé en Libye samedi après-midi, détruisant un « lance-roquettes multiple » (orgue de Staline) près de Misrata.
Frattini prochainement à Benghazi
Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a annoncé dimanche qu’il se rendrait prochainement à Benghazi, fief de l’opposition au colonel Mouammar Kadhafi dans l’Est libyen, pour inaugurer un consulat. « Je confirme que j’irai bientôt, probablement pour inaugurer précisément notre consultat », a-t-il déclaré dans un entretien accordé au quotidien Il sole 24 Ore, en réponse à une question sur une possible visite dans cette ville. L’Italie, à l’instar de la France et de la Grande Bretagne, a annoncé la semaine dernière l’envoi en Libye de conseillers militaires -au nombre de dix- auprès du Conseil national de transition (CNT) libyen, organe de la rébellion contre Kadhafi, et dont le siège est à Benghazi. Le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, a rencontré M. Frattini la semaine dernière à Rome. L’Italie, l’ancienne puissance coloniale en Libye et ex-alliée clef du régime Kadhafi, s’est dit jusqu’à présent favorable à ce que M. Kadhafi et sa famille quittent volontairement le pouvoir en vue d’un règlement politique du conflit. Rome exclut l’hypothèse d’une attaque au sol en Libye.