Français

Libye: des brigades exigent le départ du ministre rebelle de la Défense

الشروق أونلاين
  • 1039
  • 0

Une vingtaine de brigades de la rébellion libyenne ont exigé le départ de leur ministre de la Défense, le tenant pour indirectement responsable de la mort du général Abdel Fatah Younès.

Le ministre de la Défense (Jallal al-Digheily) doit être tenu pour responsable de l’assassinat du chef d’état-major, accuse ce communiqué signé des responsables de 17 katibas, brigades de volontaires civils qui constituent l’essentiel des forces de la rébellion entamée mi-février contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi. Ces brigades reprochent au ministre d’avoir ignoré les plaintes et les nombreux rapports sur les performances de Fatah Younès qui lui étaient adressés par les unités combattantes. Suite à cet assassinat, le Conseil national de transition (CNT, l’organe politique de la rébellion) a limogé mardi son bureau exécutif, qui fait office de gouvernement par intérim, et doit nommer un nouveau bureau dans les prochains jours. Les brigades signataires exigent le départ de Digheily, ainsi que celui d’Ahmed Hussein al-Darrat (Intérieur), critiqué pour son entêtement à travailler avec les anciens policiers du régime et à les protéger, au détriment des brigades de volontaires. Rallié à la rébellion après avoir été un pilier du régime du colonel Kadhafi, le général Younès a été assassiné dans des circonstances mystérieuses le 28 juillet après avoir été rappelé du front pour un interrogatoire à Benghazi. Sa mort a suscité d’intenses spéculations sur l’identité des meurtriers, les divisions au sein de la rébellion ou l’existence d’une possible cinquième colonne pro-Kadhafi derrière les lignes rebelles. Deux enquêtes, administrative et criminelle, ont été lancées par le CNT, qui fait l’objet d’une vague de critiques, plusieurs de ses responsables ayant signé l’ordre de rappeler le général Younès du front. Les 17 brigades signataires du communiqué défendent en revanche le ministre des Affaires internationales, Ali al-Issawi, très critiqué pour avoir signé l’ordre d’arrestation du général Younès. Elles exigent que le CNT soit nettoyé des éléments de la cinquième colonne et se disent prêtes à dénoncer ces partisans du régime infiltrés au sein de la rébellion. Nous ne sommes pas, et nous ne serons jamais des milices hors-la-loi. Nous sommes la poigne de fer de l’État dans la lutte contre tous ceux qui veulent toucher aux acquis de la rébellion, affirment encore ces brigades. Des responsables du CNT ont multiplié ces dernières jours les appels aux brigades de combattants civils, déployées sur le front ou dans Benghazi, pour qu’elles intègrent au plus vite le nouvel embryon d’armée en cours de constitution autour d’anciens officiers du régime passés comme le général Younès à la rébellion.

 

مقالات ذات صلة