Le gouvernement par intérim de l'insurrection libyenne, le Conseil national de transition (CNT), a annoncé son installation dans la capitale Tripoli, où les combats se poursuivaient aujourd'hui contre des forces pro-Kadhadi dans le quartier d'Abou Salim.
Le CNT, instance dirigeante de l’insurrection, siègeait jusqu’à présent à Benghazi, dans l’est de la Libye. Moammar Kadhafi est toujours introuvable, mais sa capture n’est pas une condition préalable pour installer le nouveau gouvernement à Tripoli, a expliqué Ali Tahrouni, chargé des Finances au sein du CNT. “Nous pouvons commencer à rebâtir notre pays”, a-t-il expliqué. Quant à Kadhafi, “il se déplace d’un égoût à l’autre”, a-t-il affirmé.
L’arrivée des forces rebelles dimanche dans la capitale a entraîné l’effondrement du régime. Mais Moammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, refuse toute reddition et reste introuvable. Son porte-parole Moussa Ibrahim, reconnaissable à sa voix, a affirmé par téléphone à l’Associated Press qu’il se trouvait toujours en Libye mais bougeait sans cesse, que sa famille allait bien et qu’il restait entouré de ses principaux conseillers militaires et politiques.
Kadhafi a fait diffuser un nouveau message audio hier pour répéter qu’il voulait “le martyre ou la victoire”. “Ne laissez pas Tripoli aux rats. Combattez-les! Combattez-les! Combattez-les!”, dit-il dans cet enregistrement diffusé par la chaîne Al-Rai. La direction de la rébellion a mis sa tête à prix, offrant deux millions de dollars (environ 1,4 million d’euros) de récompense. A Tripoli, les combats se poursuivaient dans le quartier d’Abou Salim, où des pro-Kadhafi occupaient toujours des bâtiments. Les affrontements étaient particulièrement violents des corps criblés de balles gisaient sur la chaussée.