Libye : le port de Misrata sécurisé par les rebelles
Le port de la ville rebelle de Misrata était sécurisé mercredi, au lendemain d'une attaque par les forces pro-Kadhafi qui ont été repoussées à 40 km à l'est, après des frappes de l'Otan et des combats au sol, ont annoncé les rebelles.
La ville qui apparaît comme « clé » dans leur avancée vers Tripoli, reste néanmoins encerclée par l’armée à l’est, au sud et à l’ouest, la seule voie de ravitaillement étant la mer. Un roulement quasi ininterrompu d’explosions était audible à l’ouest de la ville depuis 13H00 (11H00 GMT). La zone du port restait dangereuse et le sort de quelque 2.000 réfugiés africains qui y sont bloqués dans un camp de tentes dans l’espoir de pouvoir partir était inconnu, a indiqué un capitaine d’un bateau humanitaire.L’Italie va déployer huit de ses avions de chasse pour participer à des raids aériens ciblés, a déclaré mercredi le ministre italien de la Défense Ignazio La Russa, confirmant ainsi l’engagement annoncé lundi par le chef du gouvernement Silvio Berlusconi.
Les forces de l’Otan ont détruit dans la nuit de dimanche à lundi un bâtiment de la caserne fortifiée qui sert de quartier général à Mouammar Kadhafi à Tripoli, une attaque présentée par le gouvernement libyen comme une tentative d’assassinat du “guide” de la Jamahiriya qui serait sain et sauf. Les combats entre rebelles et pro-Kadhafi se cristallisent depuis plusieurs semaines autour de Misrata et de la région d’Al-Jabal Al-Gharbi, une zone montagneuse dans l’ouest du pays où la majorité de la population est d’origine berbère.Sur le plan politique, les chefs ou représentants de tribus libyennes ont affirmé leur volonté de construire une Libye « libre, démocratique et unie », sans Mouammar Kadhafi, dans une déclaration publiée mercredi par l’écrivain français Bernard-Henri Lévy, soutien actif de la rébellion. Les pays membres de l’Otan se sont mis d’accord pour installer un représentant de l’alliance à Benghazi pour nouer des contacts politiques avec l’opposition au régime, selon un responsable de l’alliance.
Sur le plan humanitaire. Selon le Croissant rouge à Misrata, le conflit a fait environ 1.500 morts, habitants et rebelles, depuis le soulèvement de la ville le 19 février. Mais il n’était pas possible de confirmer ce bilan de source indépendante. Plus de 57.000 ressortissants d’Afrique de l’ouest, en majorité des Nigériens, ont fui depuis le 13 février les violences en Libye pour le Niger voisin, a annoncé mardi l’Organisation internationale des migrations (OIM) à Niamey. Parmi ces migrants, tous arrivés par la route à bord de camions, 54.000 Nigériens ont été dénombrés et 3.200 ressortissants ouest-africains d’autres nationalités, a indiqué à la presse Mme Abibatou Wane, chef de mission de l’OIM au Niger. Seuls 3.163 Nigériens ont été rapatriés par avion depuis la Tunisie ou l’Égypte, a-t-elle précisé. Les Berbères des montagnes de l’Ouest du pays, dont le régime s’est toujours méfié, se réfugient en Tunisie. Le nombre de réfugiés libyens du côté tunisien de la frontière serait estimé à 30.000.
Les USA fourniront une aide non militaire aux rebelles
Le président américain Barack Obama a ordonné formellement le déblocage d’une aide non militaire urgente de 25 millions de dollars destinée aux rebelles. Elle pourrait comprendre des véhicules, camions-citernes, ambulances, ainsi que des équipements médicaux, des gilets pare-balles, des jumelles et des radios. Une réunion technique du groupe de contact sur la Libye, consacrée à l’aide financière au Conseil national de transition (CNT), s’est tenue mercredi à Doha, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères. Plusieurs pays de l’Otan intervenant en Libye discutent par ailleurs avec les États-Unis de l’éventuelle fourniture de munitions, dont les stocks s’amenuisent après un mois d’opérations militaires, selon le Pentagone. Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé être « optimiste » sur l’issue du conflit, mardi à Rome lors d’une conférence de presse conjointe avec le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, à l’issue d’un sommet italo-français. La Russie ne soutiendra aucune nouvelle résolution de l’ONU sur la Libye, prévoyant un recours à la force, a déclaré mardi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Si une nouvelle résolution mène à « une escalade de la guerre civile et prévoit un recours à la force, nous ne pourrons pas la soutenir », a-t-il déclaré.