Libye : les combats se déportent en Tunisie
L'armée tunisienne s'est interposée entre rebelles et pro-Kadhafi à Dehiba, alors qu'au même moment, les forces gouvernementales libyennes tentent de reprendre le contrôle de Misrata.
Par ailleurs, des chars de l’armée libyenne tentent de pénétrer dans le sud de Misrata, fief des rebelles situé à 200 km à l’est de Tripoli, et assiégé par les forces de Kadhafi depuis deux mois. «Quatre chars ont attaqué la ville. Ils se sont positionnés dans la nuit, sur la route de l’aéroport, et tentent d’entrer dans la ville. Nous les avons arrêtés à l’extrême limite, pour le moment», a déclaré un combattant rebelle. Autour de l’aéroport, les explosions ont débuté vers 7h30 et les affrontements à l’arme automatique vers 9h. Plusieurs heures plus tard, des combats continus étaient audibles dans les faubourgs de la ville. Des obus de mortiers et des roquettes tombent sur la ville, notamment dans sa partie ouest. Le principal hôpital de la ville a fait état de 2 morts et 16 blessés à la mi-journée. Un autre médecin a lui déclaré avoir vu 12 morts, dont deux femmes. «Tous nos blocs opératoires sont pleins», a déclaré un médecin d’un petit hôpital de Misrata, appelant les avions de l’Otan à intervenir «vite, comme ces derniers jours». Un avion de l’Otan a été aperçu en train de planer au dessus de la ville.
Selon l’Otan, les forces du colonel Kadhafi ont également fait miner le port de Misrata, repris par les rebelles, afin de bloquer l’arrivée des secours humanitaires. «Nos navires ont intercepté de petits bateaux qui déposaient des mines et nous nous sommes débarrassés des engins que nous avons trouvé», a affirmé le général britannique Rob Weighill. «C’est une nouvelle démonstration éclatante de la façon dont le régime Kadhafi ignore totalement le droit international et tente aussi d’entraver l’envoi de secours humanitaires pour venir en aide à une population assiégée.». De leur côté, les États-Unis ont affirmé dans une séance à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU que des pilules de Viagra étaient distribuées aux soldats pro-Kadhafi afin de les inciter à violer les femmes. «La coalition est confrontée à un adversaire qui commet des actes répréhensibles», a expliqué un diplomate présent lors de cette réunion.