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Libye : les forces de Kadhafi poursuivent leur offensive

الشروق أونلاين
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Les forces de Mouammar Kadhafi ont poursuivi mercredi leur offensive dans l'ouest libyen, pilonnant la localité de Yefren tandis que de nouveaux combats étaient signalés dans la ville côtière assiégée de Misrata.

 

 De son côté, l’opposition libyenne a demandé à la France d'”intensifier” le soutien à l’insurrection.

Depuis ce week-end, Yefren, ville de 25.000 habitants située dans la région montagneuse de Nefoussa, qui abrite la minorité berbère libyenne, subit des tirs quotidiens de roquettes, de chars et de canons antiaériens, raconte Belgassem, un combattant rebelle.

L’offensive des troupes gouvernementales a endommagé un réservoir d’eau et des maisons à Yefren, et les médecins ont dû abandonner l’hôpital de la ville à cause des tirs, a déclaré Belgassem dans un entretien téléphonique à l’Associated Press. La ville voisine de Kalaa a également été attaquée, mais n’était pas bombardée mercredi, a-t-il précisé.

A Nalout, une autre ville de la région, les rebelles ont repoussé les forces kadhafistes lundi et les ont poursuivies sur une trentaine de kilomètres, rapporte Ayman, un combattant rebelle de la localité. Lors d’affrontements mardi, l’insurrection a saisi des armes et des munitions aux troupes gouvernementales, a-t-il précisé, ajoutant que quatre insurgés avaient été tués en deux jours de combats.

Plus de 10.000 habitants de la région de Nefoussa, située près de la frontière avec la Tunisie, ont fui ces derniers jours vers ce pays. Selon Firas Kayal, du Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (UNHCR), cette région frontalière “a apparemment fait l’objet d’intenses combats et bombardements entre les forces de l’opposition et celles de Kadhafi”.

Les réfugiés “arrivent en voiture par les montagnes, des voitures remplies de bagages, de familles, de femmes, d’enfants et d’effets personnels”, a précisé Belgassem.

A Misrata, principal bastion rebelle de l’Ouest, assiégé depuis près de deux mois par les forces de Kadhafi, de nouveaux combats ont éclaté mercredi. Des échanges de tirs ont résonné dans le centre-ville. Des avions de l’Otan ont effectué des survols mais n’ont pas mené de frappes aériennes. Les rebelles contrôlent le quartier du port alors que les forces de Kadhafi se sont déployées dans la rue de Tripoli, une artère du Centre-ville.

Les organisations de défense des droits de l’Homme s’inquiètent de la situation à Misrata, même si des centaines de travailleurs migrants et blessés ont été évacués par bateaux, qui ont également acheminé de l’aide humanitaire, notamment des vivres et des médicaments.

Le Haut Commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme, Navi Pillay, a souligné mercredi que l’utilisation d’armes lourdes contre les civils à Misrata par l’armée libyenne pourrait constituer un crime de guerre. Mme Pillay précise dans un communiqué que les actions des forces de Kadhafi dans la ville seront examinées par la Cour pénale internationale (CPI).

Elle a également appelé les autorités libyennes à mettre fin au siège de Misrata et à laisser l’aide médicale arriver jusqu’aux victimes. “Des femmes et des enfants” figurent parmi les morts, a-t-elle souligné.

A Rome, le ministre italien de la Défense Ignazio La Russa a annoncé mercredi l’envoi de dix instructeurs militaires en Libye pour entraîner les insurgés. La Grande-Bretagne a également annoncé mardi l’envoi d’une vingtaine de conseillers militaires en Libye pour aider les rebelles.

 

 

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