Libye: les rebelles regagnent du terrain
Les rebelles libyens qui combattent les forces du régime depuis six semaines ont regagné du terrain et affirmaient contrôler samedi le site pétrolier de Brega après trois jours de bataille farouche.
A plusieurs centaines de kilomètres à l’ouest, un autre front continuait de faire rage: Misrata (à quelque 200 km à l’est de Tripoli), ville tenue par les rebelles et cible de tirs d’obus de chars et de roquettes. Ces tirs ont fait 28 morts en trois jours selon la rébellion. Vendredi la coalition internationale a mené des raids sur des positions des forces loyalistes dans les régions d’El-Khoms (est) et d’El-Rojban (nord-ouest), selon la télévision d’Etat. Des responsables du Pentagone ont de leur côté confirmé que l’US Army commencerait à retirer ses avions de combat et ses missiles du théâtre des opérations à partir de ce week-end. Les Etats-Unis veulent s’en tenir, comme prévu, à un rôle de soutien, l’Otan ayant pris jeudi la direction des opérations assumées depuis le 19 mars par la coalition menée par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni. Entretemps, trois des huit avions de combat JAS Gripen que la Suède dépêche pour participer aux opérations de l’Otan ont décollé à destination de la Sardaigne. Comme les cinq Gripen et un C-130 Hercules suédois attendus dimanche, ces appareils ne participeront pas aux frappes au sol. Alors que le débat sur l’armement des rebelles divise la communauté internationale, les insurgés ont passé un accord avec le Qatar pour commercialiser le pétrole brut des zones qu’ils contrôlent. En échange, ils obtiendront nourriture, médicaments et carburant, a indiqué vendredi un responsable des insurgés à Benghazi, leur bastion dans l’Est.
Tripoli rejette l’offre de cessez-le-feu des insurgés
Le rejet par Tripoli de l’offre d’un cessez-le-feu, sous conditions, des rebelles prouve que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi « ne veut pas la paix », a estimé samedi un porte-parole des rebelles à Benghazi, le bastion des insurgés dans l’est du pays. « C’est la preuve que Kadhafi ne veut pas la paix, il veut infliger au peuple libyen le plus de dommages possibles avant de quitter le pouvoir », a déclaré à la presse Moustapha Gheriani. Vendredi, Tripoli a rejeté les conditions posées par le Conseil national de transition (CNT), organe de direction de la rébellion, pour un cessez-le feu: liberté de parole pour les Libyens vivant dans l’ouest contrôlé par l’armée et surtout retrait des forces de Kadhafi des villes qu’elles contrôlent.