Libye : ultimatum prolongé à Misrata
Le régime libyen a proposé une prolongation de l'ultimatum fixé aux rebelles de Misrata pour se rendre, plus de six semaines après le début de l'intervention internationale en Libye.
A Misrata, troisième ville du pays assiégée depuis des semaines et théâtre d’âpres combats entre pro et anti-Kadhafi, au moins cinq personnes sont mortes mercredi dans un bombardement visant le port, selon un porte-parole de la rébellion à Benghazi (Est). Un bateau affrété par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait pourtant accosté au port de Misrata pour décharger de l’aide humanitaire et embarquer un millier de réfugiés bloqués dans la ville, après être resté bloqué quatre jours en mer en raison des menaces pesant sur le port. La nuit avait été calme et mardi les combats s’étaient poursuivis à l’ouest et au sud-ouest de la ville, à plusieurs kilomètres du centre, selon des sources rebelles locales, faisant un mort et une trentaine de blessés selon des sources hospitalières.
Dans la ville, cernée par les chars des forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et dont le port, seule voie d’approvisionnement en vivres et armes, est bloqué depuis plusieurs jours, la pénurie de produits de première nécessité s’aggrave. Après une journée marquée par un lourd climat d’inquiétude, le régime a annoncé, à l’expiration à minuit d’un ultimatum qu’il avait fixé aux rebelles de Misrata pour qu’ils se rendent, qu’il songeait à le prolonger « d’un ou deux jours ». Le vice-ministre des Affaires étrangères, Khaled Kaïm, a estimé qu’il y avait des « signaux positifs au sein de la population » évoquant le chiffre de « 400 personnes » ayant déposé les armes. Il a par ailleurs précisé que le colonel Kadhafi « se porte très bien » et qu’il avait rencontré « plusieurs responsables tribaux » avant une grande rencontre tribale prévue jeudi et vendredi.
Rome accueille jeudi la deuxième réunion du groupe de contact sur la Libye en présence, entre autres, de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton. L’Italie et les États-Unis pourraient mettre sur pied un fonds de financement des rebelles libyens, a indiqué mercredi le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore, au lendemain d’un appel des rebelles qui ont demandé de deux à trois milliards de dollars. La France pour sa part va proposer « dans les semaines qui viennent” l’organisation d’une “conférence des amis de la Libye afin de préparer la transition politique dans ce pays », a annoncé le président français Nicolas Sarkozy. Cette annonce a été saluée par le Qatar, un des quatre pays avec la France, l’Italie et la Gambie à avoir reconnu l’organe politique des insurgés, le Conseil national de transition (CNT), basé à Benghazi (Est).