LOIC FAUCHON ET LA SEM DE MARSEILLE MIS EN DEMEURE PAR LE GOUVERNEMENT ALGERIEN DANS LA GESTION DE L EAU EN ALGERIE
La SEM de Marseille représentée par Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau, signataire d’un contrat d’approvisionnement en eau potable, pour 5O millions d’euros, pour une durée de 5 ans, n’a guère avancé en termes de travaux au point de susciter la colère des habitants de Constantine et d’Alger. En effet la partie algérienne reproche à la SEM et à ses sous-traitants le retard considérable sur la distribution de l’eau au robinet. Malgré plusieurs rappels à l’ordre et les menaces d’annulation du contrat, une mise en demeure en bonne et due forme d’Abdelmalek Sellal, Ministre des ressources en eau, a été notifiée à la SEM.
Selon plusieurs experts qui considèrent que les ressources en eau du bassin méditerranéen sont très inégalement réparties entre les pays et entre les hommes, mais aussi rares dans une grande partie du bassin, il n’en demeure pas moins qu’elles sont au jour d’aujourd’hui très inégalement exploitables et incomplètement durables. Certaines ressources exploitables commencent à être largement dépassées par les demandes en quelques pays déjà où des situations de pénurie d’eau sont déjà présentes et au-delà à s’étendre encore plus et à s’aggraver il n’y a qu’un pas. Du fait même de la raréfaction des disponibilités, la problématique ne se pose plus en terme de maitrise, mais en termes de « partage » : entre les usages, les usagers, entre régions, entre pays, entre la société et la nature. Aujourd’hui il est plus urgent d’inventer d’autres stratégies de conservation, de protection et de gestion intégrée de l’eau en fonction des priorités spécifiques à chaque pays avec une offre élargie aux productions d’eau non conventionnelles déjà émergentes en tenant compte bien évidemment des conséquences possibles du changement climatique.
Car au moment même où Marseille et la France préparent la tenue et l’accueil de la 6e édition du Conseil Mondial de l’Eau en 2O12,une question essentielle est à l’ordre du jour : Le Conseil Mondial de l’Eau a- t- i l vraiment les moyens pour décider de l’avenir de l’eau dans le monde et quels objectifs pour une meilleure et autre gestion préalable de la ressource et du droit pour l’accès à l’eau pour tous comme un droit humain indispensable et reconnu ?
Et pourtant d’autres voix, écologistes celles là s’élèvent pour dénoncer une crise majeure de l’eau annoncée et déjà existante un peu partout ailleurs avec près d’un milliard de personnes qui n’a toujours pas accès à l’eau potable et une planète complètement assoiffée où persistent des pollutions chimiques, bactériennes et microbiennes contaminant les réservoirs d’ eau et des nappes phréatiques dont les dégâts peuvent être à l’avenir incommensurables. Reste que des groupes privés Veolia, Suez et la SEM leur filiale que préside Loïc Fauchon persistent à dire le contraire en privilégiant d’abord leur intérêt au détriment de l’intérêt général en s’attachant à faire de ce un forum des solutions .A Marseille on sait que le contrat de délégation de service confié à la SEM arrive à son terme le 31 décembre 2O12 pour l’assainissement et le 31 d2cembre 2013 pour l’alimentation en eau. De ce côté-là les écologistes et France Libertés de Danielle Mitterrand travaillent d’arrache pied pour appeler à rompre avec ce modèle typiquement français qui engage un prix plus élevé de l’eau qu’en régie publique à l’exemple de Paris et quelques autres villes écologistes qui n’ont pas renouvelé leurs contrats aux entreprises et ont fait le pari « gagnant » de revenir à un système de gestion publique et plus démocratique de l’eau.
Toujours à propos de la Sem en Algérie et particulièrement à Constantine à qui la gestion du service de l’eau potable et de l’assainissement lui a été confiée en 2008 pour 27,8 millions d’euros avec ses deus sous-traitants (la SEACO et la Sté de travaux chinoise CHINA-Engineering ), il ressort que les travaux en question ne sont pas tout à fait assurés et le manque d’eau récurent s’est fait lourdement sentir à cause d’importants travaux de réparation et de réhabilitation du réseau d’eau potable qui ont vu de multitudes fuites d’eu à l’abondance et des réclamations des habitants jusqu’en haut lieu.
En effet les principales réalisations concernaient particulièrement le renouvellement de 125 km de canalisations avec un schéma directeur pour, les 2O années à venir ainsi que le remplacement de 665O branchements existants .Et depuis le doute s’est considérablement installé quant à la suite des travaux de ce programme à côté des multiples incertitudes et des insatisfactions constatées sur le terrain par la population qui ont fait réagir le Maire de Constantine, le Préfet et toutes les autorités liées à ce projet au point d’alerter le Ministre Abdelmalek Sellal Chargé des ressources en eau dont les reproches ont pris une dimension nationale. L’Etat algérien soit dit en passant a misé sur cette nouvelle politique de l’eau pour laquelle 5 milliards d’euros ont été attribués. Mais il semble au jour d’aujourd’hui que les travaux consentis n’avancent au rythme prévu et sont pas à la hauteur des attentes des autorités de la ville et du ministère concerné. Un constat plus qu’accablant pour la SEM et à Loïc Fauchon qui avait promis à l’occasion de son dernier passage à Constantine « l’eau au robinet H24 » c’est-à-dire 24h sur 24h .Force est de constater que les objectifs assignés à la SEM et à ses sous-traitants n’ont pas abouti, une dernière mise en demeure lui a été signifié et la gestion déléguée de l’approvisionnement en eau potable confiée à ma SEM se trouve compromise pour n’avoir pas tenu ses engagements sur le plan développement, sur le retard considérable de comptage, e la recherche et la réduction des fuites. Même constat sur les réseaux, la mise à jour des fichiers des abonnés et enfin sur un bilan que les algériens jugent négatif à propos de la réactivation du centre d’appels chargé de recevoir leurs doléances et autres réclamations et d’accorder davantage d’attention aux exigences et aux questions quotidiennes de l’eau. Pour Loïc Fauchon il n’y a aucune raison de s’inquiéter outre mesure au sujet de ce constat car il y a évidemment la volonté de progresser au fur et à mesure des travaux avec ses partenaires évoquant des imprévus qui ont freiné la cadence de travail et les lenteurs dues à la réalité du terrain en l’occurrence mais surtout qu’il s »agit avant tout d’assurer durablement une culture de service au public quant on sait que ce programma ambitieux en lui même doit assurer la formation de 6OO agents par an et que pour y parvenir il y a la création d’un centre de formation qui verra le jour en 2013 sur un espace de 4OOO m2 environ.
Reste le souci de l’eau au robinet quand elle devient un enjeu démocratique dans des batailles économiques et qui, pose éventuellement la question de notre modèle de développement et de consommation pour développer de nouveaux outils et une plus grande participation des citoyens dans les prises de décisions qui les concernent et susciter encore plus de débats positif.
JACKY NAIDJA