L’opposition en Russie se rétrécit
Leonid gozman, membre de La cause Juste
Trois formations politiques russes fusionnent et forment un nouveau parti libéral baptisé “La cause juste”. Le Kremlin soutient l’initiative alors que l’opposition dénonce une nouvelle manœuvre du pouvoir.
- Après le projet de l’amendement à la Constitution qui allonge la durée des mandats présidentiel et parlementaire, un nouveau fait vient conforter les inquiétudes de l’opposition quant aux changements qui s’opèrent actuellement en Russie.
- La création d’un nouveau parti ravive les craintes de l’opposition russe surtout lorsque le parti en question s’estime dans l’opposition et reçoit le soutien du Kremlin. Il est d’ores et déjà accusé d’être pro-pouvoir et un instrument de gestion d’une pseudo-démocratie, ce à quoi un des membres de “La cause juste” répond qu’il est impossible actuellement de «fonder un parti sans l’aval du Kremlin».
- Le nouveau parti libéral lui, se dit représentant de la classe moyenne et porte-voix des valeurs de la droite. La démarche d’une telle association est-elle motivée par une représentation au Parlement ? Possible, si l’on tient compte du fait que les trois partis fondateurs de “La cause juste” ont totalisé 2,14% des suffrages aux dernières législatives alors qu’un minimum de 7% de suffrages exprimés est requis pour l’obtention de sièges.
- Le président Dmitri Medvedev a lui-même estimé que les petits partis devaient être mieux représentés au Parlement. Mais quand le parti reçoit un soutien aussi franc du pouvoir, on aurait tendance à y voir la bénédiction d’un tuteur.