L’opposition zimbabwéenne tourne le dos au dialogue
Le Zimbabwe s’enlise dans une crise sans précédent. La situation est alarmante avec l’effondrement d’une économie déjà précaire à l’origine et la propagation de l’épidémie de choléra, elle risque encore de dégénérer vu la persistance de l’impasse et le retrait de l’opposition du dialogue.
- Le dernier round des négociations ouvert mardi en Afrique du Sud, sur la formation d’un gouvernement d’Union au Zimbabwe a essuyé un nouvel échec en raison, cette fois-ci du retrait du dialogue du leader de l’opposition Morgan Tsvangirai.
- Le chef de l’opposition zimbabwéenne exige en effet la démission de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki de son poste de médiateur dans la crise politique au Zimbabwe. Tsvangirai reproche à Mbeki son parti pris et l’accuse de sous-estimer la gravité de la situation vu les solutions “trop petites” qu’il propose.
- Tsvangirai a envoyé un courrier au président en exercice de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), le chef de l’Etat sud-africain Kgalema Motlanthe, pour officialiser sa demande.
- La sortie du chef de file de l’opposition zimbabwéenne n’a rien d’étonnant, compte tenu de la lettre que lui a adressée antérieurement Mbeki.
- L’ancien président sud-africain et médiateur régional, Thabo Mbeki, mandaté accuse donc l’opposition zimbabwéenne d’obstruer les négociations sur un partage du pouvoir et critique Tsvangirai pour avoir rejeté les recommandations des leaders régionaux lors d’un sommet début novembre.
- Dans cette lettre publiée vendredi par le quotidien sud-africain The Star, Mbeki ajoute que le chef de l’opposition devrait “se sentir responsable du futur du Zimbabwe plutôt que de voir sa mission comme un militant critiquant le président (Robert) Mugabe et la Zanu-PF (au pouvoir)”.
- Paraissant offensé, l’ancien président sud-africain a peu apprécié les remarques de Tsvangirai, sur le manque de “courage” des leaders régionaux pour faire pression contre le président Mugabe lors de ce sommet. La SADC avait pour rappel recommandé aux deux parties de se partager le très disputé ministère de l’Intérieur, ce qu’avait rejeté l’opposition.
- Le dialogue subit ainsi un nouveau revers et les négociations sont suspendues, et bien qu’un accord de principe ait été trouvé ce vendredi pour amender la Constitution et créer ainsi un poste de Premier ministre, qui reviendrait à Tsvangirai, la question est loin d’être réglée.
- En attendant, la situation humanitaire est critique au Zimbabwe. La mortalité liée au choléra s’élève à plus de cinquante personnes par jour et pourrait encore augmenter avec le début de la saison des pluies”, en décembre. Près de neuf mille cas de choléra ont jusque-là été recensés, dont 389 mortels, depuis la mi-août et le 25 novembre, selon l’ONU, qui estime par ailleurs que près de la moitié de la population aura besoin d’une aide alimentaire en janvier.
- Les belligérants Zimbabwe s’en soucient-ils ? Oubliant les priorités, “L’une des parties s’accroche (au pouvoir), l’autre le veut”, résume si bien Jacob Zuma le leader du Congrès national africain.