L'UE tourne la page Kadhafi en Libye et met en garde Assad
La “fin du régime de Kadhafi” se rapproche, a estimé lundi l'Union européenne, appelant à des élections libres rapides en Libye et en jugeant que l'effondrement du pouvoir à Tripoli donnerait “un nouvel élan” au Printemps arabe, pendant que la contestation continue en Syrie.
“Nous assistons à la fin du régime de Kadhafi”, a déclaré la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, dans un communiqué. “J’appelle Kadhafi à quitter le pouvoir immédiatement et à éviter que davantage de sang ne soit versé”, a-t-elle ajouté.
Au-delà, l’UE a adressé un avertissement voilé au président syrien Bachar al-Assad, qui à ses yeux pourrait connaître à terme le même sort. Il avait rejeté dimanche l’exigence des pays occidentaux de son départ du pouvoir.
La Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères a dans l’immédiat exhorté la rébellion libyenne “à garantir la protection des civils, à respecter pleinement le droit humanitaire et les droits de l’Homme internationaux et à agir avec le sens de la responsabilité en vue de maintenir la paix et la stabilité dans tout le pays”, a-t-elle dit.
Les Européens craignent que la chute du régime du colonel Kadhafi, après plus de quatre décennies d’un régime autoritaire, ne donne lieu à des règlements de comptes qui compliqueraient les efforts de réconciliation nationale.
“Nous ne voulons voir aucunes représailles, nous voulons que chacun en Libye puisse être impliqué dans le processus de reconstruction du pays, y compris ceux qui pourraient avoir été identifiés par certains comme liés au régime de Kadhafi”, a souligné le porte-parole de Mme Ashton, Michael Mann.
L’UE a en outre insisté pour que le colonel Mouammar Kadhafi, son fils Seif al-Islam et le chef des services de renseignement libyens Abdallah Al-Senoussi, qui font l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité, soient transférés à La Haye en cas d’arrestation.
“Ils ont été inculpés par la Cour internationale et nous espérons qu’ils lui seront remis afin qu’ils puissent être jugés”, a déclaré Michael Mann.
Tous les responsables européens ont promis l’aide de l’Europe à la mise en place de nouvelles institutions démocratiques et pour faire repartir l’économie nationale exsangue.