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L’UGTT réplique à Sidi Saïd

الشروق أونلاين
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D.R
Siège de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt)

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a dénoncé les propos tenus par le secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, l’accusant ainsi que la Confédération syndicale internationale (CSI) d’œuvrer à casser la Centrale syndicale et faire subir à l’Algérie un printemps arabe en jugeant «belliqueux» son discours.

Le porte-parole de l’UGTT, Sami Tahri, a qualifié d’offensif le discours de Sidi Saïd, en exprimant son étonnement quant à l’allocution prononcée, à l’occasion de l’ouverture des travaux du congrès de la Centrale syndicale et dit ne pas s’attendre à de telles déclarations à l’encontre d’une organisation sœur.

«On a beau essayer de comprendre pourquoi Sidi Saïd s’était attaqué à nous, mais en vain», a déclaré à Echorouk Sami Tahri.

Pour ce dernier, Sidi Saïd aurait agi ainsi en raison d’un litige syndical entre la Fédération des travailleurs arabes -à laquelle est affiliée l’UGTA- qui ne soutient pas l’indépendance des syndicats, avec les voix s’élevant  en faveur de l’autonomie syndicale. «Sidi Saïd aurait dû veiller au respect de l’esprit fraternel et de l’intérêt commun entre les deux organisations et ne pas impliquer l’UGTT dans des conflits internes», explique-t-il.   

«Ce conflit syndical ne peut en aucun cas conduire à lancer de telles accusations», a jugé Tahri, en rappelant les liens entre les deux Syndicats algérienne et tunisienne, qui avaient atteint leur apogée à l’époque de Abdelhak Benhamouda.

Notre interlocuteur ajoute qu’il était attendu de Sidi Saïd de soutenir la révolution tunisienne, où l’UGTT a joué un rôle important, chose que le patron du l’UGTA n’a pas faite, insistant également sur le fait que ce qui s’était produit en Tunisie entre 2011 et 2014 n’avait rien à voir avec le printemps arabe, mais c’était, selon lui, une révolution pour la liberté et la dignité, en s’opposant farouchement à ce qu’elle soit qualifiee d’ «anarchie créatrice».

Par ailleurs, il a nié les accusations de Sidi Saïd selon lesquelles son Syndicat aurait cherché à semer le trouble, et faire subir à l’Algérie un printemps arabe. «Nous, au sein de l’Union générale tunisienne du travail, nous refusons l’exportation de la révolution dans aucun coin du monde, mais chaque pays a ses spécificités», fait-il savoir.

Tahri a ajouté qu’il était «plus jaloux de l’Algérie que Sidi Saïd, plus conscient des tentatives visant à porter atteinte à l’Algérie et les manœuvres montées contre le voisin de l’Ouest», expliquant que «son organisme a déjà dénoncé, à plusieurs reprises, toutes ces tentatives, notamment les événements survenus aussi bien en Libye qu’en Syrie».

«L’UGTT est prête à protéger l’Algérie de toutes ses forces», a annoncé l’interlocuteur, ajoutant que l’Algérie n’était pas non seulement notre soutien dans la lutte antiterroriste mais aussi contre les manœuvres impérialistes». 

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