Madani Mezrag, un « criminel de guerre » pour les gardes communaux
Des dizaines de gardes communaux de 26 wilayas du pays, ont observé dimanche un sit-in à Batna, à l’appel du Mouvement national pour la cause des gardes communaux et des victimes du terrorisme, pour revendiquer d’ester en justice Madani Mezrag, ancien chef de l’AIS, qu’ils qualifient de criminel de guerre.
Les manifestants ont considéré leur rassemblement, qui rappelle la première marche contre le terrorisme organisée à Batna en 1992, comme une alerte aux autorités du pays pour assumer leurs responsabilités historiques et barrer la route contre tout accord qui constitue une menace pour la République.
« Madani Mezrag a défié la société à travers la tenue de son université d’été ainsi que ses déclarations dans lesquelles il avoue avoir commis des crimes », a estimé Aliouat Lahlou, porte-parole du Mouvement avant d’ajouter: « Nous nous opposons à l’« artisan du crime », et nous ne tolérons jamais la création de nouveau parti illégal au moment où les gardes communaux sont désarmés, eux qui ont répondu présents à l’appel de la République en risquant leur vie avant de finir d’être traités comme des mercenaires».
Aliouat a critiqué, par ailleurs, la réconciliation nationale et la marginalisation de cette catégorie qui a sacrifié 4608 agents sur un total de 94.000 d’éléments qui ont pris les armes pour défendre le République, regretté le fait que « plus un responsable du pays n’est venu une seule fois s’enquérir de la situation des veuves, des orphelins et des enfants de leurs compagnons qui sont tombés au champ du devoir national ».
« Non à un nouvel assassinat de l’Algérie », « Ne pas vider la résistance et la lutte antiterroriste de sa substance », ont-ils écrit dans des pancartes. En outre, ils ont mis en garde contre les « répercussions de l’accord conclu entre les autorités du pays et le bras armé du FIS, notamment avec l’apparition du mouvement Daesh qui menace la cohésion et l’unité nationales».
Tout comme ils mettent en garde contre les « déclarations de Hamadache et Mezrag donnant l’impression du retour d’un projet idéologique ».
Les manifestants ont mis l’accent sur la nécessité de la consécration de la lutte contre le terrorisme dans la nouvelle constitution, l’inscription de tous les crimes du terrorisme en tant que des crimes contre l’humanité, pour traduire les auteurs en justice, en qualifiant Madani Mezrag de criminel, la reconnaissance officielle des sacrifices des gardes communaux et donner des garanties sur la sauvegarde de la République.