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Makri: «Le pouvoir persiste dans sa fuite en avant»

الشروق أونلاين
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D.R
Abderrazak Makri, président du MSP

Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrazak Makri a affirmé dans cet entretien qu’il nous a accordé la poursuite du combat jusqu’à aboutir à un changement démocratique, tout en accusant le pouvoir de fuir en avant.

Que signifie, pour vous, le message qu’avait envoyé dernièrement l’Instance de consultation et de suivi au peuple algérien ?

Les partis politiques et les personnalités nationales qui la constituent ont une vision et une évaluation sur la situation générale du pays, et ils sont arrivés à une conclusion que la manière dont sont gérées les affaires du pays va mener à des catastrophes économique et politique. En effet, le pouvoir en place s’obstine à verrouiller toutes les voies permettant d’aller vers une transition démocratique. C’est pour cela cet appel (message) est venu pour corroborer les revendications de « Novembre »  d’autant plus que les idéaux de l’Appel du 1er Novembre n’ont toujours pas vu le jour sur le terrain. Soucieuse de l’ampleur des dangers qui planent sur le pays, l’opposition a voulu prendre à témoin l’opinion publique et appeler le peuple à prendre ses responsabilités en vue de soutenir l’initiative afin de parvenir au changement escompté. L’opposition est composée, en vérité, d’un groupe d’élite politique qui a sa propre vision et une évaluation objective de la situation du pays.

Le message de l’Instance de consultation donne l’impression que l’opposition est désormais dans une impasse et c’est pourquoi elle interpelle le peuple à assumer ses responsabilités. Quel est votre commentaire ?

Absolument pas ! Nous n’avons pas fait endosser la responsabilité aux autres, car nous sommes déterminés de continuer notre combat jusqu’à la satisfaction des revendications adoptées  lors de la conférence tenue à Mazafran l’été dernier et de mener dans le futur des actions sur le terrain. L’instance a voulu simplement impliquer les Algériens à assumer la responsabilité mais sans autant décliner la sienne. D’ailleurs, l’histoire retiendra que l’élite politique et médiatique, y compris celles pro-pouvoir aient une responsabilité en cas d’échec de l’initiative pour la transition démocratique.  

Quelles chances reste-t-il à l’Instance de consultation et de suivi pour sauver l’initiative pour la transition démocratique ?

Il y a trois axes sur lesquels l’instance doit absolument travailler pour la réalisation de ce projet. Le premier concerne l’instance elle-même, le second concerne les partis composant la « coordination pour les libertés et le changement démocratique » et le troisième concerne également les actions menées individuellement par les partis. Quant à nous dans le MSP, nous avons accompli plusieurs activités dans un nombre de wilayas que nous voulions étendre à tant d’autres. Le but, c’est de sensibiliser l’opinion publique quant à la dangerosité de la situation que vit le pays et de la grande responsabilité que doit assumer le pouvoir pour faire face aux dangers qui menacent le pays, et ce en répondant positivement aux revendications de l’opposition.   

L’initiative du FFS pour la reconstruction du consensus national, ne vous a-t-elle pas dérangé quelque peu ?

Non ! Parce que cette initiative n’a rien de nouveau. De plus, tout ce qu’elle a évoqué est inclus dans la plateforme de Mazafran. Sur ce point précisément, permettez-moi de vous dire que le nouveau que le FFS puisse ramener, c’est bel et bien de réussir à convaincre le pouvoir sur la nécessité d’écouter l’opposition au sujet de la transition démocratique.

Etant donné l’initiative du FFS n’a rien de nouveau, comment la trouvez-vous et quel serait son objectif ?

Cette question mérite d’être posée à l’initiateur (FFS), mais je dois dire que le projet de « reconstruction du consensus national » expose le parti à des interprétations, dont les jours à venir nous renseigneront si l’initiative profitera au pouvoir ou non.

Y a-t-il des espoirs de voir votre initiative réaliser ses objectifs ?

La réussite de notre initiative est tributaire de deux conditions. Les responsables qui sont au pouvoir doivent faire montre de sagesse et de patriotisme. S’ils sont plutôt sages, ils devront répondre aux revendications de l’opposition et ce pour l’intérêt du pays et avant qu’il ne soit trop tard car les dangers guettent le pays de partout. Dans le cas contraire, qu’ils assument leurs responsabilités sur ce qui pourrait se passer.

 

 

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