Manifestations contre le régime de Hosni Moubarak en Égypte : des affrontements, des blessés et des arrestations
Des manifestants égyptiens sont descendus dans la rue par milliers mardi, notamment au Caire, pour réclamer le départ du président Hosni Moubarak au pouvoir depuis près de 30 ans.
Des manifestations ont été enregistrées dans l’après midi de mardi dans la capitale égyptienne, le Caire, en réponse à l’appel des forces politiques et des activistes. Ces derniers pour, rappel ont appelé, à manifester mardi qui coïncide avec le fête nationale de la police. Environ 5000 manifestants se sont regroupés dans la place Tahrir (libération), le plus grand espace du centre du Caire. Un impressionnant dispositif sécuritaire a été mobilisé par les autorités égyptiennes. « Gamal dis à ton père que tout le peuple te hait », « Moubarak dehors, nous voulons que l’Egypte soit libre » et « Moubarak dégage », pouvait-on notamment lire sur des pancartes, tandis que les manifestants scandaient des slogans hostiles au président égyptien, au pouvoir depuis 1981. « Dehors! », hurlaient-ils notamment, en référence à la révolte qui a provoqué le départ le 14 janvier du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Les égyptiens attribuent la détérioration de leurs conditions économiques, sociale et politique. La manifestation au Caire a débuté dans le calme, les forces de l’ordre faisant preuve dans un premier temps d’une réserve inhabituelle. Mais la situation s’est tendue au fur et à mesure que la foule affluait sur la place Tahrir, dans le centre de la capitale, agitant des drapeaux égyptiens et tunisiens. Des manifestants ont lancé des pierres sur les policiers, qui ont répliqué par des jets de grenades lacrymogènes, au canon à eau et en chargeant à coups de bâtons pour tenter de disperser la foule. Des échauffourées se sont produites dans la capitale entre protestataires et policiers, déployés en grand nombre. Les manifestations, les plus importantes depuis des années en Egypte, se déroulaient dans le cadre d’une « journée de la révolution contre la torture, la pauvreté, la corruption et le chômage ». Le mouvement de l’opposition « Chabab 6 avril » (jeunes du 6 avril) a affirmé que les services de sécurité ont arrêté des dizaines de ses membres. Des milliers de manifestants ont également défilé à Alexandrie, dans le nord du pays. Des mères accompagnées de leurs bébés figuraient parmi les manifestants, scandant « Révolution jusqu’à la victoire ». L’appel à manifester a largement été relayé par les réseaux sociaux, avec au moins 90.000 personnes annonçant sur Facebook leur intention d’y participer. Outre les Frères musulmans et les partis d’opposition Wafd et Al-Ghad, des organisations syndicales, étudiantes, de fonctionnaires et de jeunesse avaient annoncé leur participation. Près de la moitié des 80 millions d’Egyptiens vivent sous le seul de pauvreté de l’ONU, avec moins de deux dollars par jour (1,46 euro). La semaine dernière, plusieurs personnes se sont immolées par le feu en Egypte, comme le fit le jeune Tunisien Mohamed Bouazizi, dont le geste de désespoir déclencha la révolte.