Maroc: le roi appelle à l'élection rapide d'un nouveau Parlement
Dans un discours du Trône, très attendu, face aux revendications de réformes qui secouent le Maroc et le monde arabe, le roi Mohamed VI s’est prononcé, ce samedi, pour des élections législatives rapides.
Dans ce discours prononcé à Tanger, dans le nord du Maroc, pour le 12e anniversaire de son intronisation, le roi a appelé à l’élection rapide d’un nouveau Parlement pour qu’un futur Premier ministre soit nommé au sein du parti vainqueur des prochaines élections. Une révision constitutionnelle renforçant les pouvoirs du Premier ministre tout en préservant la prééminence du souverain a été adoptée à plus de 98% des Marocains lors d’un référendum organisé le 1er juillet après plusieurs mois de manifestations de rue pacifiques. Accompagné de son frère cadet, le prince Moulay Rachid, le roi a tenu son discours au Palais Marchane après avoir salué les hauts fonctionnaires, civils et militaires ainsi que les diplomates étrangers. « Il importe de commencer par l’élection de la nouvelle Chambre des représentants, pour que nous procédions, sur la base des résultats du scrutin y affèrent (…) à la nomination du chef de gouvernement, au sein du parti qui sera arrivé en tête de ces élections », a déclaré le roi. Il n’a pas précisé de calendrier pour ces législatives, dont la date est négociée entre le ministère de l’Intérieur et les partis, mais a averti que « tout atermoiement risque d’hypothéquer cette dynamique de confiance et de dilapider les opportunités qu’offre la nouvelle réforme ». Il a également souhaité la formation prochaine d’un « nouveau gouvernement issu d’une majorité parlementaire solidaire et homogène ». S’adressant aux partis politiques, le souverain les a appelés « à redoubler d’efforts pour favoriser la réconciliation des citoyens, surtout les jeunes, avec l’action politique ». Ce sont les jeunes et les islamistes qui forment le gros des contestataires pro-démocratie. Malgré l’adoption de la réforme constitutionnelle, les jeunes du Mouvement du 20 février continuent de manifester régulièrement dans les grandes villes pour des changements politiques « profonds ».