Massacres du 8-Mai 1945: nous ne pardonnons pas à la France
La commune de Kherrata a abrité dimanche les festivités commémorant le 71e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945.
En plus des activités programmées à l’occasion en présence du ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, plusieurs interventions témoignant les événements tragiques ayant coûté la vie à 45.000 Algériens ont également été organisées.
Sur le sujet, un moudjahid qui a vécu ces événements a tenu à relater à l’assistance les scènes d’atrocité qu’a orchestrées l’armée coloniale.
Nonobstant l’absence d’archives et des statistiques sur le nombre de victimes, la commune de Kherrata reste à jamais le théâtre d’une barbarie sans égale et des crimes contre l’humanité perpétrés par les forces de l’occupation française. Les roches de « Chaâbet El Akhira » en témoignent à ce jour de la sauvagerie de l’armée coloniale, où plusieurs Algériens avaient été jetés dans le Oued Akriouen.
« Saïd Alik », un moudjahid de ladite ville se souvient des événements qui restent gravés dans sa mémoire. Agé à peine de 12 ans, ammi Saïd s’est levé ce jour-là à six heures du matin, brandissant le drapeau algérien, s’est joint aux manifestants qui scandaient « Vive l’Algérie libre et indépendante ».
Selon l’interlocuteur, une seule femme a participé à ces manifestations. Il s’agit de « Boulghezoua Mahdjouba » qui elle lançait des youyous. Et ammi Saïd de renchérir, les larmes aux yeux, a souligné que la situation a dégénéré lorsque l’un des marcheurs, « Chibani El Khir » a été fusillé par le receveur de la poste de Kherrata. Il était ainsi le premier martyr tombé lors desdites manifestations à Kherrata. Par conséquent, les manifestants ont incendié ladite poste. En réaction, les soldats français ont tiré au hasard sur la foule tuant sur le coup 20 personnes.
De leur côté, les moudjahidine, poursuit ammi Saïd, ont abattu 7 Français en représailles à la répression de la manifestation, ajoutant avoir vu de ses propres yeux son père « Moussa », alité, giser dans un bain de sang après avoir été mitraillé par les soldats français.
Zitouni: 8-Mai 1945, une date pour lutter contre la culture de l’oubli
Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, qui a assisté dimanche à Sidi Bel Abbès à la commémoration du 71e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945, a indiqué que cette date permet de combattre contre la culture de l’oubli.
Pour le ministre des Moudjahidine, la revalorisation du patrimoine historique et son transfert à la jeunesse de l’Algérie indépendante reste un des grands garants de la préservation de la Nation et la revalorisation de son lien avec la Patrie.
Selon Tayeb Zitouni, les sacrifices consentis par les enfants de l’Algérie ont inspiré les Etats colonisés afin d’arracher leur indépendance et recouvrer leur souveraineté.
Et Zitouni d’affirmer, il ne suffit pas de se vanter des exploits du passé et du précieux héritage que nous ont légué nos ancêtres, mais nous devons nous inspirer de notre glorieux passé et tirer des enseignements afin de suivre leurs traces.
A ses yeux, il y a nécessité de renforcer le front interne de sorte que nous nous puissions dire avoir accompli notre devoir vis-à-vis de nos chouhada, celui de la préservation de l’Algérie.