Me Bouchachi: «La loi sur la prévention et la lutte contre la corruption met dans le même sac les voleurs de millions et de milliards»
Le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (Laddh), Me Mustapha Bouchachi contacté hier par Echorouk, a critiqué les conséquences de la loi portant lutte contre la corruption en vigueur depuis 2006, en indiquant que même si elle a permis de révéler de nombreux responsables impliqués dans de multiples affaires liées à la corruption, à montrer de nombreux scandales économiques, mais elle a mis dans « le même sac le voleur de 10 000 DA et ceux ayant dilapidé le pays entier ».
Me Bouchachi est revenu sur les grandes affaires ayant secoué d’importantes sociétés tant privées que publiques et ayant fait couler beaucoup d’encre à savoir notamment, l’affaire Khalifa, Sonatrach, l’autoroute Est-Ouest et l’affaire Achour Abderrahmane.
L’avis de Me Bouchachi semble proche de celui de Me Khaled Berghel qui juge cette loi luttant contre la corruption beaucoup plus «encourageante» que «dissuasive», en commentant : « Il y a une décennie, nous n’entendions pas parler de vol de deniers publics ou que très rarement. Mais après 2006, le vol des milliards devient en Algérie comme étant un acte normal, d’ailleurs nous le constatons quotidiennement à travers la presse où des milliards sont dérobés dans les entreprises économiques du pays ».
Dans le même contexte, Me Berghel a dit avoir consulté des dossiers déposés à la justice ayant un rapport avec la corruption, et c’est pourquoi il tire la sonnette d’alarme quant à ce genre de pratiques résultant de l’abrogation de l’article 119 du code pénal, dont la plus sévère sanction prévoit la peine de mort ou la réclusion à perpétuité à l’encontre des voleurs.
Mais, après l’amendement de ce code répressif, de multiples affaires liées au vol et à la corruption faisaient quasiment au quotidien la une des différents journaux, et le phénomène devint quelque chose de banal en Algérie.