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Menasra: « L’armée est le seul garant de la transition démocratique »

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Abdelmadjid Menasra, président du Front de changement

Le président du Front de changement (FC), Abdelmadjid Menasra estime que l’Algérie vit une phase de transition démocratique et que l’armée en est le seul garant. Par ailleurs, il n’a pas jugé utile de juger l’intention du pouvoir pour le changement démocratique, ajoutant que la question pourrait être posée également à l’opposition.

Vous avez demandé de renforcer le rôle de l’institution militaire pour protéger la démocratie. Croyez-vous en la « démocratie militaire »? Qu’en est-il de la question de l’Etat civil?

 Au sein de notre formation, nous distinguons entre le rôle de l’armée en temps de transition démocratique et en temps de stabilité démocratique. En effet, l’Algérie vit depuis un quart de siècle une période de transition démocratique. Depuis la Constitution de 1989, l’armée assumait le rôle de garant de la transition démocratique et ne peut jouer un rôle en faveur d’un parti politique, d’un courant idéologique et d’un groupe d’intérêt donné. De plus, il est inacceptable d’impliquer l’armée dans des conflits politiques ou dans les élections.

Comme l’armée a protégé le pays par le passé contre le terrorisme local, le terrorisme international et a soutenu la poursuite du processus électoral, elle est sollicitée aujourd’hui pour soutenir la transition démocratique et le consensus entre les Algériens et approfondir la démocratie en obéissant à la volonté du peuple.   

Lorsque l’on atteint l’étape de stabilité démocratique, l’armée assumera son rôle noble tel que défini par la Constitution, à savoir la protection du pays, sa sécurité, son territoire, sa souveraineté et ses frontières…c’est ainsi que la politique sera réservée aux politiciens, la souveraineté au peuple et la sécurité aux militaires. D’ailleurs, c’est pour ce but que nous avons lutté et nous luttons encore pour un Etat moderne, un système civil ainsi que pour l’exercice de la politique en toute liberté.   

Parallèlement à l’appel que vous aviez lancé pour la tenue d’une conférence nationale consensuelle, plusieurs initiatives étaient prises sur la scène politique. Sur ce sujet, quelle est la différence, selon vous entre ces initiatives et la vôtre?  

Depuis plus d’une année et demie, nous avions appelé pour un consensus national et nous croyions que la présidentielle soit la meilleure occasion pour le réaliser. Comme nous avions constaté que l’élection était dépourvue de son contenu et eu égard des conditions dans lesquelles s’était tenue, nous avions ensuite proposé une autre initiative prônant la « solution consensuelle ». Celle-ci contenait des clauses que nous jugions susceptibles d’aboutir à une transition démocratique et à réaliser un consensus national. Dès lors que le pouvoir ait audacieusement adopté un de ces clauses fondamentales, à savoir la Constitution consensuelle nous avons appelé alors à une conférence nationale de dialogue et de concertation et à laquelle prendront part le pouvoir, les partis politiques, les personnalités nationales et les acteurs de la société civile. La conférence, telle que souhaitée, devrait aboutir à une Constitution consensuelle qui donnera naissance à une période de transition qui sera menée par un gouvernement de consensus en plus du président de la République.   

Votre initiative vise à n’exclure aucune partie. Selon vous, le pouvoir a-t-il réellement l’intention d’aller vers un changement?

Cette question que vous me posiez peut-être posée également à l’opposition: celle-ci est-elle sincère d’aller vers une transition? N’exclut-elle pas, une fois arrivée au pouvoir, ceux qui la contrarient?

En vérité, nous, nous ne posons pas ce genre de questions pour ne pas remettre en cause les intentions des uns et des autres et nous ne voulons pas prendre de positions à base des intentions que seul Dieu les connaît. Ce qui est recommandé aujourd’hui, c’est de s’asseoir tous autour d’une table de dialogue et chercher en toute transparence les issues pour la situation actuelle où le peuple sera le souverain.

 

 

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