Mendicité : nécessiteux ou professionnels?
Les seize mille mosquées réparties sur le territoire national connaissent une forte présence de mendiants, avec une moyenne de cinq mendiants par mosquée, ce qui veut dire qu’il y a 80 000 mendiants.
Le plus inquiétant encore, c’est que des « réseaux » emploient des mendiants en les entraînant à bien répéter quelques formules avec lesquelles ils attirent la sympathie d’autrui.
Force est de constater que le phénomène de la mendicité est, sans doute, l’un des sérieux phénomènes qui touche la société algérienne ces derniers temps et touche encore les différentes classes d’âge, particulièrement les enfants.
Grâce à une visite sur le terrain menée par Echorouk pendant 2 mois, il a été révélé que les mosquées sont les endroits les plus préférés des mendiants pour demander l’aumône, notamment à la sortie de la prière de la Jumuaâ.
A Alger, à titre d’exemple, à quelques jours du mois de Ramadhan, dans les quartiers chics tout comme les quartiers populaires, ce phénomène persiste et prend de proportions inquiétantes.
« Aidez-moi, mon époux est décédé en me laissant des enfants derrière lui. Je n’en ai aucune autre personne à subvenir aux besoins de mes enfants et moi ? Aidez-moi à acheter des médicaments à ma femme qui souffre d’une maladie ? », telles sont les formules les plus répétées par les personnes qui demandent d’aumône.
Pis encore, des femmes emmènent avec elles de petits enfants, voire des nourrissons pour susciter la pitié et la sympathie des personnes et spécialement durant ce mois de ramadhan.
Après plusieurs tentatives d’interviewer l’un des mendiants, il cède finalement et révèle à Echorouk, en requérant l’anonymat, qu’ « il passe d’une mosquée à une autre à Alger pour amasser de l’argent que lui donnent les fidèles ». Il a dit qu’il est originaire d’une wilaya de l’intérieur du pays, et que ses conditions de vie intenables de sa famille qui l’ont poussé à quitter sa famille depuis quatre ans pour venir mendier dans la Capitale. Quant à la somme d’argent qu’il amasse quotidiennement, il a répondu qu’il collecte environ 10 000DA/jour voire plus le vendredi, au mois de ramadhan ainsi que lors des fêtes religieuses.
Ce mendiant a ajouté que les cimetières constituent ses endroits préférés pour faire la manche.
Il a confié à Echorouk qu’il travaillait pour une coopérative avant qu’elle ne soit dissoute il y a dix ans.
Quant au sujet d’existence de réseaux qui exploitent des mendiants, ce misérable père de famille a refusé de répondre à cela. « La mendicité ne concerne pas uniquement les personnes qui sont dans le besoin, mais aussi celles qui ne sont pas en difficulté », a-t-il conclu.