Messahel: « La lutte antiterroriste ne doit pas être soumise au principe deux poids deux mesures »
Alger et Washington se sont échangés mercredi des messages à l’occasion d’un atelier international sur « le rôle de la démocratie dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme» organisé à Alger en présence du secrétaire d’Etat adjoint américain pour la démocratie, les droits de l’homme et le travail, Tom Malinowski.
Celui-ci a souligné la nécessité de respecter les droits de l’homme et la démocratie dans la lutte antiterroriste, tandis que Messahel estime lui que la lutte antiterroriste ne doit pas être soumise au principe deux poids deux mesures.
Lors de son allocution prononcée à l’ouverture des travaux de l’atelier, le secrétaire d’Etat adjoint américain pour la démocratie a indiqué que « la lutte antiterroriste doit respecter les valeurs démocratiques et les droits de l’homme et ne devrait perturber la relation entre gouvernement et société civile », ajoutant qu’elle « devrait s’éloigner de la torture et de l’abus».
Le représentant américain ajoute que « la leçon essentielle des États-Unis consiste dans le fait que lutter contre l’extrémisme et le terrorisme doit se faire dans un climat de confiance entre le gouvernement et la société civile », ajoutant que « la rencontre doit se focaliser sur la dignité des citoyens lors de la lutte contre le terrorisme loin de la torture et d’abus et de tout ce qui est de nature à perturber la relation entre le gouvernement et la société civile».
Sur l’expérience algérienne dans la lutte contre la bête immonde, Malinowski a souligné que l’Algérie avait combattu à elle seule le phénomène, ajoutant que son pays qui en a déjà bénéficié de l’expérience algérienne en la matière aspirait à en apprendre davantage à travers cette rencontre.
Pour sa part, le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel a souligné que la lutte contre le terrorisme ne devait être soumise – à l’échelle internationale- au principe deux poids deux mesures.
« La démocratie doit jouer un rôle capital dans la lutte contre le terrorisme au plan interne, mais elle ne devrait être soumise à l’échelle internationale au principe deux poids deux mesures, non plus aux politiques d’intervention entraînant un chaos général et une stabilité qui profitent aux groupes terroristes», a soutenu Messahel.
Revenant sur la tragédie des années 1990 qu’a vécue le pays, Abdelkader Mesahel a fait remarquer que l’Algérie s’en est sortie grâce à sa conviction que seule « la voie démocratique et pluraliste constitue la réponse la pus efficace à l’agression terroriste», en tenant à rappeler également que le président Bouteflika avait annoncé en 1999 qu’il appartenait « à l’école démocratique».
Par ailleurs, il a précisé que le terrorisme n’a ni religion, ni patrie, ni frontière, d’où il fallait à ses yeux consentir des efforts communs pour faire face à ce phénomène.