Mezrag à Djeddi: «Ces paroles n’émanent que d’un traître»
L’ex-émir de l’Armée islamique du salut (AIS), Madani Mezrag, a réagi énergiquement aux déclarations d’Ali Djeddi, ancien leader du FIS-dissous, niant l’existence d’une branche armée au sein de son parti et l’accusant de n’avoir aucune légitimité de parler au nom du parti.
Dans une déclaration à Echorouk, Madani Mezrag a qualifié de « tentative de falsifier l’histoire après que la guerre ait pris fin » les récentes déclarations formulées par Djeddi à son encontre, ajoutant être étonné du timing de ces propos intervenus 15 ans après l’instauration de la concorde civile ayant conduit des centaines des hommes armés à déposer les armes.
« Je suis étonné de vos déclarations… je me demande pourquoi vous n’avez pas parlé il y a 15 ans, vous qui étiez un opposant farouche à la concorde civile ainsi qu’à la réconciliation nationale? », s’est-il adressé à Djeddi, en rappelant son rôle dans la défense du FIS, de ses leaders et son sauvetage d’un dérapage dangereux soutenu par la menace du GIA (Groupe islamique armé). « C’est nous qui avons évité au FIS d’être une organisation terroriste », soutient-il.
« C’étaient les leaders de l’AIS qui signent les communiqués émanant du FIS depuis les maquis dans le cadre de la guerre médiatique contre le GIA », ajoute-t-il en appelant Djeddi à « apprendre à distinguer le vrai du faux et dire la vérité ». Selon lui, ces paroles n’émanent que d’un «traître».
Accusé de n’avoir ni légitimité ni pouvoir au sein du FIS, l’ex-émir de l’AIS a dit: « Effectivement, le FIS a été fondé par le premier conseil consultatif (majlis echoura) présidé par les cheikhs Abassi Madani, Ali Benhadj, Ali Djeddi, Boukhemkhem et autres. Nous, nous les avons rejoints deux mois plus tard ». « Nous avons lutté à leurs côtés contre le système avant que certains ne se retirent et d’autres ne soient emprisonnés », ajoute-t-il.
« C’est nous qui avons fait face à la manœuvre et au dérapage et publié des communiqués dans lesquels nous avons déclaré être innocents des crimes perpétrés par le GIA », explique-t-il.
Mezrag a également accusé Djeddi de s’être opposé à la trêve et à mettre fin aux combats pour obliger le pouvoir à négocier. « Ce personnage a été un des opposants farouches à la fin des combats et ayant conditionné la trêve par le dialogue avec le pouvoir, ce que nous avions refusé », nous a-t-il confié.
« Nous avons constaté qu’ils n’étaient pas à la hauteur », a-t-il ajouté en mettant en garde contre les déclarations « fallacieuses ». « Nous ne laissons personne s’en prendre à nous, sinon nous ferons des révélations très dangereuses », menace-t-il.