-- -- -- / -- -- --
إدارة الموقع

Michel Barnier : “l'UE est allée à l'extrême limite des concessions qu'elle pouvait faire en matière agricole”

الشروق أونلاين
  • 1065
  • 0
Michel Barnier : “l'UE est allée à l'extrême limite des concessions qu'elle pouvait faire en matière agricole”

Alors que la présidence française de l'UE s'est ouverte sur fond de polémique entre la France et Bruxelles au sujet des négociations à l'OMC, le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, revient sur ce dossier dans un entretien avec EurActiv.fr. Il évoque en outre en détail l'avenir de la réforme de la PAC et la polémique sur les quotas de pêche.

  • Le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, voudrait parvenir à un compromis sur le cycle de Doha cet été. Mais les critiques françaises à l’égard des négociations menées par le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, fusent de toutes parts.

    Le président de la république, Nicolas Sarkozy, ne s’est pas privé de tancer sévèrement le britannique lors du Conseil européen de juin dernier. Il a réitéré ces critiques lors de son intervention télévisée à la veille de la présidence française de l’UE, le 30 juin. “Ils voudraient nous faire accepter un accord au terme duquel l’Europe s’engagerait à diminuer de 20% sa production agricole, à diminuer de 10% ses exportations agricoles”, s’est emporté Nicolas Sarkozy. “C’est 100.000 emplois supprimés. Je ne le laisserai pas faire”, a-t-il ajouté.

    Dans le même sens, Michel Barnier estime, dans un entretien avec EurActiv.fr, que “l’UE est allée à l’extrême limite des concessions qu’elle pouvait faire en matière agricole”. “Surtout quand on connaît l’historique du cycle de Doha, où les concessions européennes ont été systématiquement empochées par nos partenaires, sans contrepartie”, ajoute-t-il.

    “Nous avons donc une vraie exigence de rééquilibrage et de réciprocité”, explique le ministre, tout en justifiant que la France ne fait que dire tout haut ce que les Européens pensent tout bas. “L’ensemble du Conseil a demandé à la Commission de rééquilibrer les négociations”.

    Si certains Etats membres, notamment la Grande-Bretagne, estiment que l’UE pourrait se passer de l’agriculture, “ce n’est pas mon analyse ni ma conviction”, indique Michel Barnier, tandis que se tient à Bruxelles aujourd’hui la troisième rencontre organisée par le ministère français de l’Agriculture, dans le cadre de l’opération “Parlons agriculture”, sur le thème “Qui va nourrir le monde?”.

    L’année 2009 sera marquée par les élections européennes et le renouvellement de la Commission européenne. C’est pourquoi la France, première bénéficiaire de la politique agricole commune en Europe, a fait de la réflexion sur l’avenir de cette politique cruciale pour ses agriculteurs, l’un des chantiers prioritaires de sa présidence. Les ministres de l’agriculture des Vingt-Sept se réunissent les 21 et 22 septembre prochains pour une réunion informelle du Conseil sur ce sujet.

    Dans un contexte de crise alimentaire au niveau international, “mon ambition pour ce Conseil n’est pas de faire des propositions, mais de poser des questions sur lesquelles nous approfondirons nos échanges”, explique Michel Barnier. Tout en rappelant que les principaux objectifs de la PAC de demain sont, selon lui, la sécurité sanitaire, une alimentation diversifiée, la cohésion territoriale et le développement durable.

    Actuellement en discussion, le bilan de santé de la PAC présenté par la Commission européenne le 20 mai 2008 “reste dans la logique des réformes antérieures, marquée par le démantèlement progressif des outils d’intervention et la généralisation du couplage des aides”, lui reproche Michel Barnier.

    Même si les Etats membres ne s’opposent pas sur le principe d’une réforme de la PAC d’ici 2013 pour la rendre compatible avec l’OMC, ils divergent en revanche sur les modalités de la réforme à mener. La République tchèque, qui prendra la présidence de l’UE après la France et aura pour mission de piloter les négociations sur le futur budget de la PAC, souhaite une réorientation des aides vers le développement rural et moins de subventions à l’exportation.

    “Les propositions de la Commission sur l’intervention en matière de céréales et de produits laitiers ne sont pas acceptables en l’état”, martèle en outre Michel Barnier, qui sera “vigilant” sur le fait que “l’augmentation des quotas ne déstabilise pas les marchés”.

    Parmi les objectifs de la France dans le bilan de santé figure la création d’un système de couverture des risques climatiques et sanitaires. “Nous pourrons ainsi financer par un prélèvement sur les aides une partie des primes d’assurance pour inciter les agriculteurs, notamment dans les secteurs exposés, à s’assurer”, explique Michel Barnier.

    Evoquant enfin la polémique récente entre la France et la Commission au sujet des quotas de pêche, le ministre de l’Agriculture indique qu’il est d’accord avec l’exécutif européen sur la préservation de la ressource. Mais la Commission a, selon lui, annoncé la fermeture de la pêche quinze jours avant la date fixée. “Je n’ai pas compris et je l’ai dit. J’attends que la Commission me fournisse les chiffres qui ont motivé sa décision”.

Ajoutez un Commentaire

Tous les champs sont obligatoires et votre e-mail ne sera pas publié. Veuillez respecter la politique de confidentialité.

Votre commentaire a été envoyé pour examen, il sera publié après approbation!
Commentaires
0
Pardon! Il n'y a pas de contenu a afficher!