Noureddine Arbaoui d’Ennahda : « Béji Caïd Essebsi n’est pas candidat à la présidence en Tunisie »
La réattribution de sept sièges à El Aridha El Chaâbia ne changera pas les engagements politiques du mouvement Ennahda avec ses partenaires dans l’alliance à savoir le Congrès pour la République et Etakatol du social-démocrate Mustapha Ben Jaâfar. C’est ce qu’a déclaré à Echorouk le porte-parole du mouvement Ennahda, Noureddine Arbaoui. Ce dernier a d’autre part indiqué que son parti est ouvert aux autres formations politiques en vue de travailler dans le cadre d’un accord national.
Echorouk : avez-vous un commentaire à faire sur la décision du tribunal administratif qui a retiré deux sièges au mouvement Ennahda et a réattribué sept siège à El Aridha El Chaâbia (la Pétition populaire pour la justice et le développement, ou PPJD) ?
Noureddine Arbaoui : je ne commenterai pas une décision prononcée par une justice indépendante. Nous, à Ennahda, nous sommes disciplinés et nous respectons la décision du tribunal administratif.
Echorouk : El Aridha El Chaâbia a restitué la troisième place à l’Assemblée nationale constituante, ceci va-t-il changer le cours des négociations pour la formation d’un gouvernement et le partage des postes politiques clés?
Noureddine Arbaoui : la réattribution de sept sièges à El Aridha El Chaâbia ne changera pas nos engagements politiques avec nos partenaires dans l’alliance à savoir le Congrès pour la République et Etakatol du social-démocrate Mustapha Ben Jaafar. Nous seront également ouverts aux autres partis et nous sommes prêts à travailler dans le cadre d’un accord national.
Echorouk : êtes-vous prêts à travailler même avec El Aridha El Chaâbia?
Noureddine Arbaoui : oui nous sommes prêts à travailler avec le parti du « frère » Hachemi Hamdi parce que la position du mouvement Ennahda est basée sur deux principaux points. Premièrement : la poursuite des négociations avec nos deux principaux alliés (Congrès pour la République et Etakatol). Deuxièmement : nous ne sommes pas contre un parti élu par le peuple tunisien à l’Assemblée constituante. Nous poursuivons actuellement les négociations avec nos deux principaux alliés sur la majorité des siège de l’Assemblée constituante. Toutefois, nous n’excluons pas des négociations avec les autres formations politiques y compris avec El Aridha El Chaâbia.
Echorouk : est-ce que le partage des postes clés à savoir le poste de Premier ministre, du président de la République et du président de l’Assemblée constituante a été fait entre Ennahda et ses deux alliés à savoir le Congrès pour la République et Etakatol ?
Noureddine Arbaoui : Ennhada et ses deux principaux alliés ont tranché sur un seul poste, celui du Premier ministre attribué au secrétaire général du mouvement Ennahda, Hamadi Jebali. Les deux autres postes (présidence de la République et la présidence de l’Assemblée constituante) sont attribués à nos deux alliés.
Echorouk : cela veut-t-il dire que l’actuel Premier ministre Béji Caïd Essebsi a été exclu de la course pour la présidence de la République ?
Noureddine Arbaoui : après le long parcours des négociations effectué par les trois partis de l’alliance, Béji Caïd Essebsi n’est plus candidat à la Présidence. Nous profitons de cette tribune pour le remercier pour sa bonne gestion du gouvernement provisoire et sa contribution dans le succès des premières élections démocratiques en Tunisie.
Echorouk : certaines parties estiment que les derniers événements à Sidi Bouzid ont eu lieu à cause des déclarations de votre secrétaire général Hamadi Jebali qui portaient atteinte à cette région ?
Noureddine Arbaoui : ces accusations sont infondées. Hamadi Jebali n’a rien à voir avec ce qui s’était passé à Sidi Bouzid. Les enquêtes approfondies qui sont en cours révéleraient les vraies causes des dernières violences dans cette région. Je souligne par ailleurs que nous avons regretté ce qui s’est passé à Sidi Bouzid et nous avons salué la décision du tribunal administratif qui a rendu justice aux victimes.
Echorouk : Ennahda est aujourd’hui au pouvoir en Tunisie, comment seront les relations avec l’Algérie ?
Noureddine Arbaoui : l’Algérie qui a accueilli à bras ouverts les « fils » d’Ennahda est dans nos cœurs. Nos deux pays travailleront ensemble pour répondre aux revendications et attentes de nos deux peuples dans le cadre d’un partenariat solide. Nous, au mouvement Ennahda, nous n’oublierons jamais les positions du peuple algérien, du gouvernement algérien et des partis politiques algériens qui ont soutenu le peuple tunisien.