Nouvelle passerelle entre Damas et Beyrouth
Le leader chrétien libanais Michel Aoun a souligné mercredi à Damas sa volonté d'ouvrir “une nouvelle page” avec ce pays. La visite d’Aoun en Syrie ne fait cependant pas l’unanimité au Liban.
- Longtemps hostile à la Syrie, le leader chrétien libanais Michel Aoun, a souligné mercredi à Damas sa volonté d’ouvrir “une nouvelle page” avec ce pays, à l’issue d’un entretien avec le président syrien Bachar al-Assad. Aoun qui effectue une visite de cinq jours en Syrie, a estimé qu’une période brillante s’ouvrait dans les relations entre les deux pays voisins. La démarche et les propos du leader libanais envers la Syrie constituent un revirement notable pour un politicien qui a eu durant longtemps la Syrie dans le collimateur. Lors de la guerre civile, Michel Aoun, chef d’un gouvernement intérimaire entre 1988 et 1990, avait pour rappel lancé une “guerre de libération” contre la Syrie qui maintenait des troupes au Liban.
- Aujourd’hui, Michel Aoun adopte un ton plus modéré, même fraternel mais ne manque pas pour autant de souligner qu’une solution doit être rapidement trouvée au problème des disparus ou détenus libanais qui seraient au nombre de 650, en Syrie.
- Au Liban, cette visite fait l’objet d’une polémique entre Majorité et Opposition. Le mouvement chiite Hezbollah, considère le général Aoun comme le premier représentant politique des Chrétiens au Liban pouvant améliorer les relations avec les pays frères dont la Syrie et l’Iran. Le bloc parlementaire de la Réforme et du Changement affiche une position similaire et estime que cette visite du dirigeant du Courant Patriotique Libre à Damas est positive pour la souveraineté, l’intégrité territoriale, la stabilité politique et économique du Liban.
- Par ailleurs, la majorité parlementaire anti-syrienne voit d’un mauvais œil l’entreprise d’Aoun.
- Un député des Forces Libanaises a dénoncé la visite d’hommes politiques libanais en Syrie, estimant que Damas ne devrait pas bénéficier de telles initiatives tant que plusieurs questions demeuraient en suspens, telle la délimitation des frontières.
- La Syrie et le Liban ont établi des relations diplomatiques en octobre dernier, pour la première fois depuis la proclamation de leur indépendance, il y a plus de 60 ans, et doivent échanger des ambassadeurs avant la fin de l’année.