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Nucléaire: le conseil de l'AIEA en plein casse-tête iranien

الشروق أونلاين
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Les grandes puissances du conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'acheminaient jeudi vers un compromis sur une résolution visant l'Iran et ses activités nucléaires militaires présumées.

Mais contrairement aux souhaits de plusieurs pays occidentaux, cette résolution serait a minima et ne fixerait aucun “ultimatum” à Téhéran pour clarifier les éléments du dernier rapport de l’AIEA qui a étayé les soupçons d’une “dimension militaire” au programme nucléaire de la République islamique, selon plusieurs sources diplomatiques.

Au lieu de cela, la résolution appellerait le directeur général de l’agence onusienne, le Japonais Yukiya Amano, à informer le conseil en mars sur la situation dans le dossier iranien, ce qu’il fait de toute façon à chaque fois.

L’ambassadeur israélien à Vienne a fait part d’une certaine déception. La résolution “pourrait être plus dure”, a déclaré Ehud Azoulay à l’AFP, en marge d’une réunion de deux jours du conseil des gouverneurs, qui comprend 35 Etats membres.

“Mais c’est la magie de la diplomatie. Si vous voulez avoir tout le monde à bord, vous devez sacrifier quelque chose. J’espère que cela sera une base pour de futures résolutions” au conseil de sécurité des Nations Unies, a-t-il ajouté.

A la mi-journée, les diplomates tentaient toujours de mettre la dernière main à la formulation de cette résolution, qui n’aurait pas encore reçu le feu vert de la Chine, selon un diplomate occidental.

Sans conclure que l’Iran est capable ou sur le point de fabriquer la bombe atomique, l’AIEA a présenté dans son rapport une vaste série d’éléments globalement “crédibles”, recueillis par ses soins ou obtenus auprès d’une dizaine d’Etats membres, indiquant que le pays a — contrairement à ses dires – examiné la mise au point de l’arme atomique.

Le directeur général avait fait part de sa “sérieuse inquiétude” à ce sujet et demandé à l’Iran de coopérer pleinement.

Une assertion fermement rejetée par l’Iran, qui avait accusé l’AIEA d’être sous l’influence politique des Etats-Unis.

“C’est mon devoir de partager d’importantes informations qui ont été rigoureusement vérifiées par l’agence avec les Etats membres et c’est ce que j’ai fait dans mon dernier rapport”, s’est défendu le chef de l’AIEA dans son discours au conseil des gouverneurs.

Les Occidentaux ont présenté ce rapport comme “un tournant” dans l’enquête de l’agence sur l’Iran, entamée il y a huit ans, et l’occasion d’augmenter la pression sur la République islamique pour qu’elle coopère davantage, voire infliger de nouvelles sanctions.

La Chine, dont l’Iran est l’un des principaux fournisseurs d’hydrocarbures, et la Russie, qui entretient des liens commerciaux étroits avec ce pays, s’y sont opposés.

M. Amano a annoncé avoir proposé au vice-président iranien Fereydoun Abbassi l’envoi d’une “mission d’experts de haut niveau” en Iran afin de clarifier les points contenus dans l’annexe du rapport.

“Il est essentiel” que cette mission “réponde aux questions posées dans mon rapport”, a-t-il ajouté, appelant l’Iran à s’engager “sans délai” avec l’agence afin d’apporter les “clarifications requises concernant une possible dimension militaire de son programme nucléaire”.

“Si l’Iran n’apporte pas la coopération nécessaire (…), l’agence ne pourra pas apporter une garantie crédible concernant l’absence de matériel et d’activités nucléaires non déclarés en Iran, et donc conclure que tous les matériaux nucléaires en Iran sont utilisés à des fins pacifiques”, a-t-il insisté.

Mercredi, le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akbar Salehi, avait promis que son pays répondrait de manière “argumentée” à l’AIEA.

 

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