Obama recentre sa campagne sur l'économie à 100 jours de l'échéance
Le candidat démocrate à la Maison Blanche Barack Obama a réuni lundi à Washington, à 100 jours de l'élection présidentielle, ses principaux conseillers économiques pour recentrer sa campagne sur le premier sujet de préoccupation des Américains: l'économie.
- Le sénateur de l’Illinois (nord) a promis d’agir “rapidement et vigoureusement” pour relancer l’économie américaine et soulager “les Américains qui souffrent”.
- “Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à faire les mêmes choses que ces dernières années. Nous devons changer de cours et nous devons prendre des actions immédiates”, a dit M. Obama en dénonçant les “décisions irresponsables prises à Wall Street et à Washington”.
- Il a plaidé notamment pour un nouveau plan de relance sur le modèle de celui négocié par la Maison Blanche avec le Congrès au printemps et consistant en des crédits d’impôts.
- Le sénateur de l’Illinois est revenu gonflé à bloc de sa tournée au Proche-Orient et en Europe. Un sondage Gallup publié lundi lui accorde neuf points d’avance sur son adversaire républicain John McCain (49% d’intentions de vote contre 40%). Jamais l’écart n’a été aussi large entre les deux hommes depuis mars, quand Gallup a commencé à publier des sondages quotidiens sur l’élection présidentielle.
- Mais le candidat démocrate, qui a réussi à éviter toute fausse note au cours de sa tournée internationale, ne peut se permettre de se reposer sur ses lauriers. L’état inquiétant de l’économie américaine est le sujet de préoccupation numéro un des électeurs, loin devant la guerre en Irak.
- Tandis que M. Obama était à l’étranger, M. McCain avait choisi de mener une campagne terre à terre insistant sur le prix de l’essence et les difficultés quotidiennes des Américains. Et cela a semblé porter ses fruits dans certains Etats jugés cruciaux dans la perspective de l’élection présidentielle du 4 novembre, où selon des sondages publiés la semaine dernière, le candidat républicain talonne désormais son adversaire démocrate.
- Pour discuter économie, M. Obama a réuni autour de lui une vingtaine de personnes dont l’investisseur et philanthrope Warren Buffett, l’ancien secrétaire au Trésor Robert Rubin et l’ancien président de la Réserve fédérale Paul Volcker.
- Des chefs d’entreprises comme le PDG de Google Eric Schmidt, le PDG de JP Morgan Chase James Dimon et la présidente de PepsiCo, Indra Nooyi ont également participé à la rencontre ainsi que des syndicalistes, dont le président de l’AFL-CIO, principale fédération syndicale américaine, John Sweeney, et Anna Burger, une responsable du SEIU, une importante confédération syndicale revendiquant près de 2 millions d’adhérents.
- L’ancien secrétaire au Trésor de George W. Bush, Paul O’Neill et l’ancien responsable de la SEC, le régulateur boursier américain, Bill Donaldson, également nommé à ce poste par l’administration Bush, étaient également présents à cette réunion.
- M. McCain a fait de la diminution permanente des impôts le fer de lance de son programme économique. Selon des économistes, le programme du candidat républicain profiterait surtout aux plus riches.
- Carly Fiorina, ancienne présidente de Hewlett Packard et principale conseillère économique de M. McCain, a estimé au cours d’une conférence de presse téléphonique que M. Obama “faisait fausse route” sur l’emploi en voulant augmenter les impôts et en défendant une politique jugée protectionniste. “C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire en période économique difficile”, a-t-elle dit.
- Le candidat républicain a marqué des points en se prononçant en faveur des forages pétroliers en mer le long des côtes américaines, une mesure à laquelle s’oppose M. Obama. Les Américains sont confrontés à une hausse sensible du prix de l’essence et l’idée des forages en mer rencontre un large assentiment.