Paris va livrer des missiles à longue portée à l’Ukraine: Marine Le Pen remontée contre Macron
La cheffe de file des députés Rassemblement national (RN) Marine Le Pen estime que la livraison de ces armes pourrait, en cas de tir sur le territoire russe de la part des Ukrainiens, exposer la France à des représailles.
« Irresponsable. » Ainsi Marine Le Pen qualifie-t-elle la décision, annoncée, mardi 11 juillet, par Emmanuel Macron, de livrer à l’Ukraine des missiles à longue portée Scalp, pour l’aider dans sa contre-offensive face à la Russie, peut-on lire dans les colonnes du Monde. Après avoir longtemps laissé planer le doute, le chef de l’Etat a confirmé, lors du sommet de l’OTAN à Vilnius (Lituanie), la livraison de ces missiles de croisières développés par la France et la Grande-Bretagne, lancés depuis un avion de chasse.
Pour la première fois, Marine Le Pen s’est explicitement opposée à l’envoi de ces armes, elle qui avait longtemps plaidé pour une aide réduite à de la formation ou du matériel de protection, puis limitée à « des armes défensives ». « Cela m’apparaît irresponsable de prendre cette décision et je ne comprends pas qu’Emmanuel Macron ne soit pas intégralement concentré vers l’organisation d’une conférence pour la paix, pour mettre fin à cette guerre », a-t-elle dit, mercredi 12 juillet, en marge d’un déplacement à Beauvais, dans l’Oise.
Souvent attaquée par la majorité pour sa proximité passée avec les positions du Kremlin, Marine Le Pen a longtemps pris garde de ne pas critiquer trop frontalement le soutien de la France à l’Ukraine. Une réserve dont elle a semblé se départir mercredi.
Selon la cheffe de file de l’extrême droite, la livraison d’armes capables de « toucher un pays tiers [la Russie] peut déclencher une troisième guerre mondiale que je ne souhaite pas voir arriver (…). On ne connaît pas la réaction que pourrait avoir un pays tiers touché par une arme livrée par la France. »
Critiques de la droite et de la gauche radicale
Marine Le Pen est la seule dirigeante politique française à considérer la Crimée comme russe, depuis qu’elle a jugé légal un référendum organisé sous occupation militaire russe dans cette province ukrainienne.