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Parti des travailleurs tunisiens: «C’était l’Algérie qui avait invité Essebsi et Ghannouchi… Marzouki marginalisé»

الشروق أونلاين
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D.R
Le président tunisien, Mancef Merzouki se sent marginalisé.

Les visites de Rached Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi, respectivement président du mouvement d’Ennahda et président du mouvement Nida Tounès en Algérie, et au cours desquelles ils ont eu des pourparlers avec le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, ont suscité moult questionnements en Tunisie.

En réaction à cette visite de deux responsables tunisiens en Algérie, l’opposition a considéré le rôle de médiatrice qu’a joué l’Algérie comme étant une sorte d’ingérence dans les affaires intérieures du pays voisin.En effet, Hachemi Hamdi, l’un des candidats à la présidentielle en Tunisie, a critiqué cette rencontre qu’il considère comme une internalisation de la crise tunisienne. «L’Algérie est un pays voisin et frère, Bouteflika est un leader respectueux, mais transférer les différends de Ennahda et Nida en Algérie est une grosse erreur et pourrait même engendrer des préjudices immenses pour le pays », a-t-il estimé.En revanche, la Présidence tunisienne a aussitôt démenti jeudi ces informations, par la voix de son porte-parole, Adnane Mancer, qui a affirmé que l’Algérie est concernée par la stabilité de la Tunisie et que le gouvernement soit en mesure de faire face au danger du « terrorisme ». Le porte-parole de la Présidence tunisienne n’a ajouté que l’Algérie ne s’ingérait pas dans les affaires intérieures des États et n’accepte en aucun cas que l’on ingère dans les siennes. «Personnellement, j’ai effectué deux visites en Algérie au cours de ces dernières semaines, dont les discussions n’avaient rien à voir avec les pourparlers ayant eu lieu entre les partis politiques tunisiens. L’Algérie a toujours été et l’est encore un pays qui veille à ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures des pays, et refuse en même temps toute ingérence dans ses affaires. L’Algérie s’intéresse à ce que la Tunisie retrouve la stabilité, qui est aussi de son intérêt, d’où elle veille à trouver de solution le plus vite possible pour éviter à la région les affres du terrorisme ».Pour le Parti des travailleurs tunisien, son président Hammami, contacté par Echorouk, a de son côté critiqué cette démarche et affirmé que c’étaient les autorités algériennes qui avaient invité Ghannouchi et Essebsi pour en parler de la situation dans le pays. « L’Algérie a joué un rôle loin d’être celui de médiation. Selon des informations dont nous disposons, c’étaient les autorités algériennes qui les avaient invités et leur auraient exprimé leur préoccupation quant à la crise en Tunisie, dans une démarche de faciliter le dialogue entre les deux partis. Nous croyons que la Tunisie n’avait pas besoin d’intervention d’aucun État, bien que l’Algérie soit un pays frère et ami, il aurait fallu que Ennahda cherche des solutions à l’intérieur du pays et non pas à l’extérieur», nous a-t-il dit.   Dans le même sillage, le patron du Parti des travailleurs tunisien a aussi critiqué le démenti de la Présidence tunisienne. «La loi n’octroie aucun pouvoir à Marzouki, et la Présidence est marginalisée actuellement en Tunisie. C’est pourquoi, je me demande comment il se mêle dans cette affaire, alors qu’il lui est plutôt préférable de consolider ses relations avec le président algérien ». 

 

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