Passeport et carte d’identité biométrique : la polémique enfle autour du voile et de la barbe islamique
Le ministère de l’intérieur fait une mise au point. Il dément avoir exigé d’enlever le voile ou de raser la barbe pour la prise des photos biométriques. Pour sa part, le ministère des affaires religieuses invite les citoyens à se rapprocher des imams et des conseils scientifiques pour en savoir davantage à propos de ces questions qui préoccupent l’opinion publique.
- Selon une source du ministère de l’intérieur et des collectivités locales, le ministre de l’intérieur Noureddine Yazid Zerhouni lors de ses rencontres avec les walis dans le cadre du lancement de l’opération “passeports et cartes d’identité biométriques”, n’a à aucun moment fait allusion au fait d’enlever le foulard pour les femmes voilées, ni du rasage de la barbe islamique pour les hommes qui la portent. Zerhouni n’a fait qu’expliquer le volet technique de l’opération indiquant que celle-ci s’inscrivait dans le cadre de la sécurité internationale et la nécessité de se conformer aux règles internationales.
- Le communiqué du ministère publié mardi soir n’a pas répondu à la question de savoir s’il est exigé des photos sans barbe et sans voile, sachant que le sujet n’a été abordé que lorsque l’APS a indiqué en date du 29 mars 2009, rapportant les propos du ministre, que les photos pour les documents biométriques devaient être claires et en conformité avec les règles et les données internationales.
- Zerhouni avait déclaré en marge de la rencontre régionale tenue à Alger qu’il n’y avait aucun problème avec ces fameuses photos pour les femmes voilées, indiquant que celles-ci seront prises en charge par des employées femmes désignées à cet effet au niveau des daïras.
- Par ailleurs, et après des déclarations du ministre des affaires religieuses ayant suscité une grande désapprobation, le chargé de la communication au ministère, Adda Felahi, a souligné que les propos du ministre avait été mal interprétés, d’autant que le ministre a des prérogatives administratives, et non pas de mufti. Il ajoutera qu’au sujet des photos biométriques, l’opinion publique peut consulter les imams ou les conseils scientifiques qui décideront sur la question tout en respectant la Charia, que l’Etat veille à respecter comme stipulé d’ailleurs dans la constitution.
- Le secrétaire général du Mouvement Islah, Djamel Ben Abdeslem, lui estime que le dernier communiqué du ministère de l’intérieur ne répond pas aux interrogations des citoyens sur le voile et la barbe, bien que le sujet requière plus d’une phrase explicative.