Plus de 21 000 m3 de gaz exportés sans contrôle douanier
Les services de sécurité de Hassi Messaoud ont ouvert une enquête sur l’exportation d’importantes quantités de gaz naturel à partir du centre de pompage d’El Berma vers la Tunisie sans contrôle douanier depuis le mois de novembre dernier.
Un rapport établi récemment par des enquêteurs au centre de pompage d’El Berma a révélé que d’importantes quantités de gaz naturel sont exportées quotidiennement vers la Tunisie, au profit de la compagnie tunisienne d’électricité et de gaz, sans le contrôle des services douaniers algériens comme le stipule les articles 165 et 172 du code des douanes. En effet, ces articles exigent un contrôle douanier permanent pour contrôler les exportations des divers produits miniers vers l’étranger. Selon le même rapport, la direction régionale des douanes de Hassi Messaoud n’a pas respecté les mesures de contrôle stipulées par ces deux articles de loi lors des opérations d’exportation du gaz naturel vers la Tunisie, et ce depuis le mois de novembre dernier.
L’absence du contrôle est due selon le même rapport à la non désignation d’un agent de contrôle douanier au niveau de l’usine de pompage située dans la commune d’El Berma sur la frontière algéro-tunisienne. Ce manquement grave à la législation en vigueur est enregistré alors que Sonatrach prend en charge la réception et l’hébergement des agents douaniers chargés de contrôler les exportations nationales du gaz naturel conformément aux articles du code des douanes sus cités. Le secteur d’El Berma est relié par un oléoduc destiné à l’exportation du pétrole brut vers Haoud el Hamra et un gazoduc pour l’exportation du gaz naturel vers la région Sud de la Tunisie pour approvisionner la compagnie tunisienne de l’électricité et du gaz.
Selon le même document, dont Echorouk détient une copie, entre 21 000 et 26 000 mètres 3 de gaz naturel sont exportés quotidiennement vers la Tunisie sans contrôle douanier depuis le mois de novembre dernier. Le rapport a révélé, d’autre part, que l’opération de contrôle qui doit être quotidienne et permanente n’est effectuée en réalité qu’une fois par mois. En effet, au début de chaque mois, un agent douanier est envoyé pour signer les bulletins quotidiens et mensuels sans un véritable contrôle quotidien. Ainsi, la direction des douanes a abandonné sa mission de contrôle dictée par la loi en dépit de la sensibilité de ce dossier vu qu’il s’agit d’une richesse naturelle de notre pays qui représente environ 98 % des rentes algériennes en devise.