Pour Sarkozy et Cameron, « Kadhafi doit partir immédiatement »
Nicolas Sarkozy et David Cameron affirment que « Kadhafi doit partir immédiatement » et appellent ses partisans à « le quitter avant qu'il ne soit trop tard », lundi dans une déclaration conjointe, publiée à la veille de la réunion, à Londres, du « groupe de contact » sur la Libye.
Sur le terrain l’avancée des rebelles a été stoppée lundi matin par les forces de Mouammar Kadhafi à 140 km à l’est de sa ville natale Syrte , bombardée dans la nuit par la coalition dont les opérations sont désormais commandées par l’Otan. Lundi matin, les milices du régime patrouillaient dans Syrte, ville côtière d’environ 120.000 habitants située sur la route de Tripoli (360 km à l’est), toujours sous le contrôle des loyalistes. Le calme règne, les rues sont désertes et les boutiques fermées. Il n’y avait non plus aucun signe de la présence de rebelles qui avançaient rapidement vers l’Ouest depuis trois jours, aidés par les frappes aériennes internationales.
Un responsable pro-Kadhafi a confirmé lundi à des journalistes, invités par les autorités à se rendre à Syrte, qu’aucun rebelle n’approchait la ville alors qu’un militaire a indiqué qu’il « partait pour le front à Ben Jawad », à 140 km de Syrte. Les rebelles s’étaient emparés dimanche de Ben Jawad, après avoir repris le site pétrolier de Ras Lanouf au cours de leur avancée victorieuse. Mais ils ont été pris lundi matin sous le feu de mitrailleuses lourdes des forces gouvernementales venues en pick-up sur la route menant de Ben Jawad à Nofilia, en direction de Syrte, située à mi-chemin entre Tripoli et Benghazi, fief de la rébellion dans l’Est. Les rebelles ont alors reflué vers Ben Jawad, avant de répliquer à l’artillerie lourde. Depuis, ils ont de nouveau un peu avancé sur la route de Syrte mais restent très lents et prudents en raison des tirs d’artillerie et de missiles des forces de Kadhafi.
D’autre part, la coalition internationale a bombardé lundi à l’aube des quartiers résidentiels de la ville de Sebha, à 750 km au sud de Tripoli, fief de la tribu des Kadhadfa dont fait partie le colonel Kadhafi, « endommageant des maisons et faisant plusieurs victimes », a indiqué l’agence officielle libyenne Jana sans fournir de bilan. La ville a été violemment bombardée à partir de 04H00 (02H00 GMT) et plusieurs habitants ont dû abandonner leurs maisons pour se réfugier ailleurs. Plusieurs sites militaires sont situés dans la ville de Sebha, base arrière du régime, où se trouvent les tribus armées les plus fidèles, jusqu’ici, au colonel Kadhafi.